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De tous les bons livres parus cette année autour des questions de développement durable – Go west, Réenchanter le monde, le catalogue de l’exposition « Matière grise… » –, l’ouvrage de Fanny Lopez s’impose par son ambition à défricher des pans de l’histoire récente de l’architecture jusqu’ici connus fragmentairement – voire confidentiellement – et à les rassembler en un thème qui fera désormais sens : le rêve d’un habitat déconnecté des grands réseaux de distribution énergétique mis au point il y a plus d’un siècle. Dans ce livre tiré de sa thèse, Fanny Lopez nous fait côtoyer une galerie de portraits d’utopistes plus ou moins sérieux qui ont vainement essayé de promouvoir des habitats autonomes. De Etzler à Rosell en passant par Fuller, Frazer, Alexandroff ou Pike, l’historienne n’occulte pas les ambiguïtés ou les impasses de ces pionniers souvent liés à la « contre-culture », elle tente plutôt de les inscrire dans les réflexions actuelles : « Débarrassée de sa symbolique négative et de ses lourdeurs dogmatiques, l’autonomie offre la possibilité d’une réinvention de la gestion des processus vitaux, de modifications économiques structurelles et de la réactivation, à l’échelle d’une quotidienneté partagée, de forces imaginaires et expérimentales », écrit-elle en conclusion.



Le Rêve d’une déconnexion. De la maison autonome à la cité auto-énergétique, Fanny Lopez, Les Éditions de la Villette, 320 pages, 25 euros.



À lire dans d'a 232 : 2014. La sélection des livres de la rédaction