Son œuvre pluridisciplinaire est à
l’intersection de la peinture, de la photographie, de
l’architecture, du design et des arts graphiques : El
Lissitzky figure parmi les catalyseurs de l’avant-garde russe des
années 1920-1930. El Lissitzky : l'expérience de la totalité, qui
accompagne l'exposition éponyme présentée à la Fondation
Catalunya-La Pedrera (Barcelone) jusqu’au 18 janvier 2015, retrace
le parcours de cet artiste controversé souvent présenté sous le
prisme déformant de considérations idéologiques. Une monographie
qui analyse l’évolution artistique de celui qui inventa, avec
Kazimir Malevitch, le suprématisme : l’influence de Chagall,
son rapport au pouvoir politique, ses projets d’expositions en
Allemagne, ses réalisations novatrices dans le domaine de la
typographie et du photomontage, et dans la conception des livres, des
journaux et des magazines. Si Lissitzky a participé activement à la
propagande stalinienne des années 1930, il s’est également
occupé de rapprocher l’Est et l’Ouest en fréquentant les
avant-gardes européennes comme Theo van Doesburg, Ludwig Mies
van der Rohe ou László Moholy-Nagy.
L’auteur et commissaire d’exposition Olivia Maria Rubio entend montrer que l’une des principales caractéristiques de la vie et de l’œuvre de Lissitzky est « le franchissement des limites et des frontières » entre « les pays et les cultures, les beaux-arts, l’architecture et le design ».
El Lissitzsky, l'Expérience de la totalité, sous la direction d'Olivia Maria Rubio, Éditions Hazan, 200 pages, 45 euros.
À lire dans d'a 232 : 2014. La sélection des livres de la rédaction