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Cette aventure éditoriale est née d’une commande du galeriste Enrico Navarra et de Sébastien Moreu. Sur le fond, nous avons repris quelques principes qui nous guident dans notre travail de critique. Le premier de ces principes est de ne pas écrire une ligne qui ne soit fondée sur une connaissance réelle, in situ, des édifices ou des ensembles urbains que nous incluons dans notre sélection. Ainsi, sauf exception, l’équipe que nous avons formée a pu voir la totalité des projets réunis dans ces pages même si quelques-uns, très rares, n’ont pas reçu la visite de tous les membres de notre petit groupe. Un groupe que je voudrais saluer ici.

Essentiel en effet a été l’apport de Jérémie Descamps, dont la connaissance du pays se trouve renforcée par sa maîtrise de la langue chinoise. Il signe ou cosigne d’ailleurs plusieurs parties de ces deux volumes. Le regard et la vivacité du photographe Tim Franco nous ont grandement aidés à fixer au mieux la mémoire de chacun des sites. Quelques autres photographes, comme Iwan Baan, ont complété ce travail. Nous avons aussi bénéficié des conseils d’Yves Kirchner sur une partie du parcours. À Paris, le travail d’édition de Julien Maeda et de Sabrina Kangerud a donné forme à nos textes, de même que les traductions de Xiaoli Wei pour le chinois, et celles de Kelly Smith et de Bernard Wooding pour l’anglais.


Dans cette aventure, nous avons d’abord été accompagnés par Françoise Ged, de l’Observatoire de l’architecture de la Chine contemporaine (OACC), qui nous a conduits dans les hutongs aujourd’hui disparus de Pékin, puis dans les lilongs et les villas de Shanghai. Avec elle, nous avons pu voir s’effondrer des pans immenses de l’histoire urbaine chinoise et émerger sur le même terrain une forme de conscience patrimoniale et l’émergence d’une nouvelle génération d’architectes.


L’organisation des Rencontres franco-chinoises « Ville et architecture à l’horizon 2010 » en 2005 à l’université de Tongji, à Shanghai, puis la construction de la double exposition de 2008 « Dans la ville chinoise » et « Positions » à la Cité de l’architecture et du patrimoine de Paris, puis au Centre de culture contemporaine de Barcelone, ont permis à notre équipe de se développer et de trouver de nouvelles complicités.


La demande de la Galerie Enrico Navarra d’associer un photographe unique à cette description contemporaine de la Chine, sans nous permettre de compléter de manière exhaustive nos explorations, a conduit à de nouvelles découvertes pour le meilleur et pour le pire. La fabrication du tome I, « Voyages », a consisté pour nous à répartir en cinq périples théoriques (car en pratique il y en a eu beaucoup plus), soit cinq grandes régions, les résultats de nos explorations. Et puisque le développement urbain est en Chine plus rapide encore que la pensée de ses commentateurs, le deuxième volume nous a incités à imaginer en permanence un virtuel troisième tome pour les villes et les édifices qui seront nés à l’heure où nous écrivons, mais il s’agit probablement d’un travail sans fin.



Made by Chinese, édition Enrico Navarra, par Frédéric Edelmann avec Jérémie Descamps et les photographies de Tim Franco. Deux volumes : 304 et 400 pages, 280 euros.