Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart, Grand Prix national de l’architecture 2016, m’accueillent dans leurs nouveaux locaux à Montreuil. Un plateau très lumineux d’où l’on voit tout Paris. Ils m’entraînent immédiatement dans la salle de réunion. Ils parleront parfois en leur nom propre, voix grave et soprano en contrepoint. Tandis qu’à d’autres moments, l’un commencera une phrase que l’autre achèvera dans un même souffle… D’a : Qu’est-ce qui vous a poussé à faire des études d’architecture ?Jean-Marc Ibos : Pour moi, c’est clair, ce n’était pas une vocation… J’ai même longtemps hésité après mon bac entre l’économie et l’architecture, deux matières qui n’ont pourtant rien en commun. Je me suis inscrit à Dauphine et à l’École d’architecture de Nanterre pour m’apercevoir assez rapidement qu’il m’était impossible de faire les deux. Pourquoi ai-je finalement choisi l’architecture ? Sans doute parce que j’avais rencontré des architectes et que j’avais pu les voir travailler. Ils exerçaient en libéral et ils me paraissaient complètement autonomes. Ils semblaient n’avoir de compte à rendre à personne.
D’a : Vous avez fait vos études à Nanterre dans le bâtiment de Jacques Kalisz…J.-M. I. : J’avais rencontré Georges-Henri Pingusson qui m’avait impressionné et qui y enseignait. Je n’ai malheureusement pas pu l’avoir comme enseignant, étant arrivé en 1975, l’année où il partait. Mais il y avait là-bas certains membres de l’AREA (Atelier de recherches et d’études d’aménagement, ndlr) – Alain Sarfati, Michel Conan… – qui insufflaient une réelle orientation pédagogique à cette école. En premier cycle, c’était enthousiasmant, ces gens cultivés qui savaient subtilement vous inciter à aller voir les bâtiments, à les regarder vraiment.Je me souviens d’une correction où Alain Sarfati avait fait allusion à la Maison Robie en l’appuyant d’un léger clin d’œil. Nous ne la connaissions pas mais, pour mériter cette connivence, nous avons ensuite passé tout l’après-midi à la bibliothèque à faire des recherches, à l’analyser et à redessiner les plans de Frank Lloyd Wright. Une quête initiatique qui semble très lointaine aujourd’hui quand des images sans traçabilité – pas de noms de lieu ou d’architecte, pas de date, pas d’échelle… – viennent à nous sans nous laisser le temps de les contextualiser, comme l’illustre parfaitement un site web comme Pinterest.
D’a : À quel moment êtes-vous entrés dans la vie active ?J.-M. I. : J’ai constamment travaillé en agence pendant mes études, notamment rue Dauphine, où travaillaient Bernard Dufournet, Stanislas Fiszer, Witold Zandfos, mais aussi Bertrand Bonnier, qui émergeait à l’époque. Je l’aidais souvent et je ne me plongeais dans mes projets d’école qu’au dernier moment, deux ou trois semaines avant les rendus.Je croisais souvent Jean Nouvel à l’IFA rue de Tournon (...) $##$, qui était alors un véritable espace de convivialité, presque un club où l’on pouvait (...)
D’a : Vous avez fait vos études à Nanterre dans le bâtiment de Jacques Kalisz…J.-M. I. : J’avais rencontré Georges-Henri Pingusson qui m’avait impressionné et qui y enseignait. Je n’ai malheureusement pas pu l’avoir comme enseignant, étant arrivé en 1975, l’année où il partait. Mais il y avait là-bas certains membres de l’AREA (Atelier de recherches et d’études d’aménagement, ndlr) – Alain Sarfati, Michel Conan… – qui insufflaient une réelle orientation pédagogique à cette école. En premier cycle, c’était enthousiasmant, ces gens cultivés qui savaient subtilement vous inciter à aller voir les bâtiments, à les regarder vraiment.Je me souviens d’une correction où Alain Sarfati avait fait allusion à la Maison Robie en l’appuyant d’un léger clin d’œil. Nous ne la connaissions pas mais, pour mériter cette connivence, nous avons ensuite passé tout l’après-midi à la bibliothèque à faire des recherches, à l’analyser et à redessiner les plans de Frank Lloyd Wright. Une quête initiatique qui semble très lointaine aujourd’hui quand des images sans traçabilité – pas de noms de lieu ou d’architecte, pas de date, pas d’échelle… – viennent à nous sans nous laisser le temps de les contextualiser, comme l’illustre parfaitement un site web comme Pinterest.
D’a : À quel moment êtes-vous entrés dans la vie active ?J.-M. I. : J’ai constamment travaillé en agence pendant mes études, notamment rue Dauphine, où travaillaient Bernard Dufournet, Stanislas Fiszer, Witold Zandfos, mais aussi Bertrand Bonnier, qui émergeait à l’époque. Je l’aidais souvent et je ne me plongeais dans mes projets d’école qu’au dernier moment, deux ou trois semaines avant les rendus.Je croisais souvent Jean Nouvel à l’IFA rue de Tournon (...) $##$, qui était alors un véritable espace de convivialité, presque un club où l’on pouvait (...)
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