Copyright : ©Matthieu GAFSOU

Lausanne, Plateforme 10 : le nouveau pôle muséal sétend sur lemplacement danciens entrepôts ferroviaires et se connecte directement à la grande gare monumentale et son TGV pour mieux rayonner hors de la ville et au-delà des frontières. Je viens de visiter avec Manuel Aires Mateus le bâtiment qui en ferme la perspective. Un cube blanc, coupé horizontalement par la grande faille de laccueil, qui rassemblera en sous-sol les collections photographiques du musée de lÉlysée et en toiture celles du mudac, dédiées au design. Nous longeons le musée des Beaux-Arts, érigé en bordure des voies par Barozzi et Veiga, et nous entrons dans son café très animé pour nous asseoir devant le dernier coin de table disponible. La salle est très bruyante et notre position, assez inconfortable. Mais, dès que la conversation senclenche, nous basculons dans un monde de projets qui sinterpellent les uns les autres, rappelant lenchâssement des contes des mille et une nuits

D’a : Pourquoi, vous et votre frère, vouliez-vous être architectes ?

Notre père était architecte et notre mère peintre. Nous vivions dans un milieu où évoluaient des gens liés au théâtre, au cinéma, à la culture. Nous engager dans des études liées à l’art était pour nous de l’ordre de l’évidence. Mais je suis entré très tôt dans la vie active, ce qui était normal dans notre famille. J’ai commencé à travailler dans un cabinet d’ingénierie proche de mes parents. Enfin « travailler », c’est un bien grand mot, j’apportais le café, je faisais des photocopies ou je tirais des plans. J’avais une quinzaine d’années et j’observais avec beaucoup d’attention et une certaine fascination ces ingénieurs en train de discuter et de dessiner des structures.

 

$##$

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne