Ses caractéristiques – très faible épaisseur, faible consommation, émission de lumière sans chaleur, pilotage possible par des systèmes de gestion – sont idéales pour le domaine de l'architecture et le design, malgré une puissance encore faible. Dans les OLED, la lampe (la source lumineuse) et le luminaire (le support de la lampe) sont confondus. Le dépôt luminescent peut être sérigraphié et recevoir n'importe quel motif. À l'heure actuelle, le principal domaine d'application des OLED est le téléphone portable : Samsung a utilisé en 2011 un million d'OLED pour le rétro-éclairage de son Smartphone $Galaxy$.
De l'automobile à l'architecture
Société française basée à Toulon, Astron Fiamm est une start-up spécialisée dans la production d'OLED pour les secteurs de la médecine et des transports. L'industrie automobile se montre particulièrement intéressée par l'utilisation de luminaires extra plats, qu'elle souhaiterait insérer dans les habitacles ou utiliser pour les feux arrière. Elle a récemment étendu ses activités à l'architecture et l'aménagement intérieur, créant une marque dédiée, Blackbody.
La présence sur ce marché est une façon pour la société de rentabiliser ses investissements dans des outils complexes et onéreux – par exemple, une salle blanche –, qui vont de pair avec un personnel hyper qualifié. « La production de l'OLED mobilise trois secteurs de pointe : la micro-électronique, la physico-chimie, qui traite de l'organisation moléculaire, et la chimie fonctionnelle, qui sert à contrôler les transferts de molécules », résume Bruno Dussert-Vidalet, pdg de Blackbody, lui-même micro-électronicien de formation. La société a non seulement recruté des docteurs en physique et électronique, mais elle a fait appel aussi à l'artisanat. Un maître verrier a été embauché pour exécuter des découpes carrées dans des verres high-tech présentant des tensions internes très spécifiques.
Un coût qui devrait chuter
Blackbody a produit, en son nom propre ou pour Roche-Bobois, des petites séries de luminaires à partir de dalles de verre utilisées pour les façades d'écrans 19 pouces. Mais sa vocation est surtout le marché des « moutons à cinq pattes » : « Nous visons les projets dans lesquels la lumière apporte une forte identité, participe à la signature du bâtiment : les halls d'entrée, les salles de réunion », déclare Bruno Dussert-Vidalet. Il affirme d'ailleurs recevoir de très nombreuses demandes d'architectes pour des programmes publics comme privés, et participe même à des concours aux côtés d'agences d'architecture.
La collaboration avec des professions artistique et technique permet à l'entreprise d'explorer un domaine neuf, où subsistent de nombreuses inconnues. La création de luminaires personnalisés a pour l'instant un coût, non négligeable : le spectaculaire $Big Bang$, développé par l'agence Archimage et le designer Bertrand Médas pour un cabinet d'avocats lyonnais, a coûté la bagatelle de 34 000 euros. Un prix qui réserve pour l'instant ces produits aux projets à très gros budgets, mais qui est amené à chuter. « Nous ne sommes qu'aux balbutiements de la technologie. L'observation montre que les courbes de prix des produits électroniques connaissent deux inflexions majeures. La première survient lorsque les volumes de production sont suffisamment importants pour optimiser le coût de la production. L'investissement dans des outils plus performants contribue à la seconde baisse des prix. À l'heure actuelle, l'OLED n'a passé aucun de ces deux seuils », conclut Bruno Dussert-Vidalet.
Dans les années à venir, les téléviseurs devraient recourir massivement à l'OLED. L'augmentation de la demande pourrait diviser les prix actuellement pratiqués par un facteur de cinq à dix en moins de cinq ans. Les questions énergétiques, qui réclament une gestion plus raisonnée de l'éclairage, pousseront sans nul doute à l'introduction de cette technologie dans le monde du bâtiment, au côté de l'hégémonique LED.
<www.blackbody-oled.com>.
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