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Un mur qui respire, c’est bien. S’il avale la poussière, c’est mieux. L’architecte Carmen Trudell a mis au point un système de brique creuse qui filtre l’air à travers des cavités, reproduisant l’effet de tourbillon des aspirateurs sans consommation d’énergie.


Dans les pays occidentaux, la qualité de l’air intérieur est altérée par des poussières et des polluants présents au sein des appartements – matériaux de construction, colle des éléments d’ameublement et panneaux de particules, appareils à combustion, activités diverses telles que tabagisme, manque d’aération, etc. Il en va tout autrement dans les pays en voie de développement, ou les polluants de l’air proviennent d’une atmosphère fortement chargée en poussières toxiques issues en grande partie des activités industrielles. Ainsi, au Caire, l’inversion des courbes de température favorise à l’automne la formation d’un nuage de substances cancérigènes et gaz divers, le Black Cloud, mélange létal de sulfure d’oxyde et de nitrate, monoxyde de carbone et autres composés invisibles. 



> TOURBILLON 

Breathe Brick, un prototype de brique respirante dépolluante, a été développé par Carmen Trudell pour filtrer les particules en suspension dans l’air. OEuvrant dans un premier temps avec des étudiants en ingénierie environnementale du California Polytechnic, l’architecte s’est inspirée du processus de filtration du rein, qu’elle a découvert à travers la maladie de son frère. Une cavité de la brique provoque un tourbillon qui sépare les particules de l’air par force centrifuge, à la manière d’un aspirateur, et rejette les matières solides dans un tube connecté à une sorte de réservoir à cendres installé à la base du mur. La face vue de chaque module est arrangée en facettes canalisant l’air vers le point d’entrée des cavités de filtrage. Le système a été conçu dans un esprit low-tech : il fonctionne sans électricité avec des principes dynamiques simples et nécessite peu d’entretien, ce qui doit faciliter sa mise en oeuvre et sa fabrication dans les pays en voie de développement. Il peut être combiné avec une ventilation passive ou une cheminée d’air chaud, afin de faciliter le tirage et donc la circulation de l’air. Des tests en soufflerie ont montré que le mur absorbait 30 % des particules fines de diamètre 2,5 microns (rencontrées dans la fumée) et 100 % des particules courantes (10 microns et plus). Carmen Trudell continue à travailler sur la mise au point de son système, qui fait l’objet d’un dépôt de brevet. La prochaine étape devrait être le test de comportement d’une paroi complète.



Maître d’oeuvre : Both Landscape AndArchitectur, Carmen Trudell

Collaborateurs : California Polytechnic State University, San Luis Obispo (Cal Poly)

Consultant : Tracy Thatcher

Chercheurs assistants : Natacha Schnider, Kate Hajash, Cameron Venancio, Justin Wragg, Jennifer Thompson, Michelle Kolb

Rensselaer Polytechnic Institute

Financement : Cal Poly College of Architecture and Environmental Design’s Planning, Design and Construction Institute

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