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  • Biennale d’architecture de Chicago Ou comment faire état des choses

    Grande foire aux idées, aux images, aux solutions, sans classement ni réelles interrelations hormis les thèmes très génériques du social, de l’environnemental et de la communication, la biennale d’architecture de Chicago veut offrir un état des choses hors de toute spéculation : la situation actuelle de l’architecture et de ses conditions. Pour être pertinent, cet événement courageux car absolument ouvert impliquerait de dégager une théorie ad hoc issue de son projet d’effectivité, dont il est aujourd’hui très difficile de mesurer la cohésion. 

  • Des doctorants en contrat CIFRE dans les agences

    Entretien avec Lorenzo Diez, directeur de l’ENSA de Nancy et rapporteur du groupe innovation de la Stratégie nationale pour l’architecture

  • Extension d’une maison à Waterloo, Belgique


    L’histoire raconte qu’à l’issue d’un projet, le client se fâche systématiquement avec son architecte. Cette extension figure parmi les exceptions qui confirment la règle. Le contexte est celui d’une aventure au long cours, empreinte d’une fidélité plutôt rare en la matière. Entamée il y a une quinzaine d’années, la collaboration entre Louis Paillard et son maître d’ouvrage s’est nouée autour du Nouveau Casino, créé en 2001 à Paris par cet entrepreneur au nez fin. Alors que Louis Paillard fait encore partie de Périphériques, qu’il quittera en 2003, ils réalisent ensemble cette salle de concert située dans le quartier Oberkampf. Suivront d’autres lieux de la vie nocturne parisienne et autant d’expériences venues solidifier cette relation entre l’architecte et son client qui se connaissent donc très bien. Ce pourrait être un frein, c’est au contraire leur moteur. Ils savent travailler ensemble mais partagent aussi leurs accointances artistiques respectives, s’échangent les derniers livres lus – La Septième Fonction du langage de Laurent Binet le jour de notre visite. Leur dernière collaboration en date se trouve en Belgique, à Waterloo, où vit le client qui s’est à nouveau tourné vers Louis Paillard afin de lui confier la réalisation d’un programme atypique, de ceux qu’affectionne particulièrement cet architecte qui a construit en 2009 pour son propre compte une maison coiffée d’un gymnase pour pratiquer le trapèze. Car l’extension a ici pour objectif non pas de créer de simples mètres carrés supplémentaires, mais d’accueillir des œuvres d’art et l’univers singulier du maître d’ouvrage qui habite en couple dans cette bâtisse deux fois centenaire. Pour autant, une maison pour des collectionneurs n’est pas un musée. Il s’agit bel et bien de concevoir un lieu de vie au milieu des œuvres, sans céder à la tentation scénographique d’une remarquable collection incluant entre autres des dessins de Yona Friedman et des photographies de Michel Houellebecq. Situé dans un quartier résidentiel, l’édifice existant est installé en contrebas d’un jardin aussi invisible qu’impressionnant de beauté, témoignant de l’attention que lui portent les propriétaires, également passionnés de jardinage. La topographie est pour le moins surprenante. Depuis la rue, rien ne laisse deviner la présence de ces 4000 m2 aménagés avec soin, auxquels on accède par un escalier étroit et raide. Mais Louis Paillard connaît déjà les lieux : une dizaine d’années plus tôt, il avait entièrement réaménagé cette longère mariant briques blanches et tuiles, alors peu fonctionnelle et vieillotte, mais dotée d’un certain charme, qu’une réhabilitation mesurée avait su valoriser. 



    APPROCHE LOW-TECH 

    Le nouveau volume est accolé à la maison existante, à laquelle il est raccordé par le R+1. Le rez-de-chaussée est contenu dans un socle en béton encastré dans la colline, où se trouvent un garage et une réserve pour stocker les œuvres dans de bonnes conditions. Au-dessus et en léger porte-à-faux pour retrouver l’alignement sur rue, la partie supérieure comprend la grande pièce dotée d’un étage partiel en mezzanine. La topographie dicte la volumétrie singulière de l’extension qui, issue d’une forme archétypale, se déforme en trois dimensions, s’élève jusqu’en haut du talus pour aller chercher l’accès direct au jardin. Sur la rue au sud, la façade demeure fermée afin de protéger les œuvres. La lumière naturelle est dispensée à la fois zénithalement et au nord par de grandes baies ouvertes sur le jardin désormais desservi par une passerelle métallique. Le bois est le matériau privilégié du projet, au service de l’approche low-tech ici menée par l’architecte. Le volume supérieur est en ossature de mélèze. Des panneaux de contreventement en bois sont vissés sur les faces intérieures et extérieures de cette charpente tandis que l’isolation est réalisée par soufflage. Pour éviter la présence d’entraits, deux grands portiques en acier viennent renforcer la structure. Une vêture en lames verticales de douglas enveloppe l’ensemble, excepté la couverture traitée par un bardage métallique ondulé noir. L’échelle modeste de l’opération – un peu moins de 100 m2 – a permis à Louis Paillard de pousser assez loin la notion de « surmesure », dessinant jusqu’aux meubles. Le lot menuiserie intérieure a ainsi fait l’objet d’une attention toute particulière. L’espace est régi par les différences de niveaux (estrade, mezzanine) et les aménagements sont impeccablement menuisés, tels l’escalier, les grandes bibliothèques qui intègrent çà et là des œuvres spécifiques, les tiroirs logés dans les séparatifs, les garde-corps de la mezzanine qui enclosent vitrines et rangements ou ceux, épais, de l’estrade qui se font présentoirs. Une façon de hiérarchiser un volume dépourvu de tout cloisonnement pour faire la part belle aux œuvres, tout en offrant la fonctionnalité nécessaire sans encombrer visuellement l’espace.  



    Maîtrise d’ouvrage : privée

    Maîtrise d’œuvre : Louis Paillard

    Entreprise charpente, couverture, menuiseries extérieures et vêture bois : bois émois

    Maçonnerie (socle) : Maisium

    Menuiserie intérieure, meubles, escalier, salle de bains et parquet : Raymond Boyer

    Habillages intérieurs et peinture : Cobalt-Indigo

    Electricité et chauffage : Parteno

    Shab : 90 m²

    Coût : 300 000 euros HT

  • Extruder/excaver Francisco & Manuel Aires Mateus

    Les frères Aires Mateus, basés à Lisbonne, ont fait leur entrée sur la scène française où, régulièrement invités, ils ont remporté deux concours d’importance : le Centre de création contemporaine Olivier- Debré à Tours, en 2012 – dont nous avons rendu compte dans le d’a n° 215 – et la Grande Mosquée de Bordeaux, l’année dernière. L’exposition monographique du CCCOD qui vient de se terminer et son très beau catalogue nous donnent une excellente occasion de vous présenter leur parcours.

  • Favoriser l’apprentissage par l’expérience et l’innovation au sein des écoles d’architecture

    Entretien avec Nathalie Mezureux, directrice de l’ENSA de Lyon et vice-présidente du conseil d’administration des Grands Ateliers de L’Isle-d’Abeau.

  • LE SOUFFLE DE LA BRIQUE

    Un mur qui respire, c’est bien. S’il avale la poussière, c’est mieux. L’architecte Carmen Trudell a mis au point un système de brique creuse qui filtre l’air à travers des cavités, reproduisant l’effet de tourbillon des aspirateurs sans consommation d’énergie.

  • Le système Français par Tom Gray, cofondateur du bureau d’études T/E/S/S.

    Irlandais et architecte de formation, Tom Gray analyse les atouts et les lourdeurs du système français. Travaillant en France depuis 1992, il est l’un des fondateurs de T/E/S/S, un BET et atelier d’ingénierie créé en 2007 et reconnu pour ses compétences dans les structures complexes et l’enveloppe du bâtiment.

  • Marc Barani : l’innovation au coeur du métier de l’architecte

    Les critères normatifs contraignent aujourd’hui tous les projets, jusqu’à parfois les remettre en cause. C’est d’autant plus vrai que le cadre juridique et réglementaire français tend à pousser à l’extrême le principe de précaution. L’expérimentation et l’innovation, pourtant au coeur du métier de l’architecte, sont menacées. L’un des quatre groupes de la Stratégie nationale pour l’architecture, lancée par la ministre de la Culture1, est justement consacré à l’innovation. Piloté par Marc Barani, le groupe de travail a rassemblé les architectes Paul Chantereau, de l’association Bellastock, Marie Zawistowski, de l’agence OnSite et Lorenzo Diez, directeur de l’ENSA de Nancy et rapporteur des travaux. Nous avons demandé à Marc Barani de nous expliquer en quoi cette politique pouvait réellement replacer l’invention au centre des pratiques architecturales. 

  • Patrick Miara, ombres ligériennes

    Œuvrant aux frontières des codes de l’image d’architecture, Miara parcourt la crête étroite qui sépare la fidélité de la représentation de la nécessité de l’expression.

  • Paul Vincent, 30 ans auprès de Renzo Piano

    « Architecte et inventeur », Paul Vincent a complété au CNAM sa formation initiale de l’ENSA Paris-Malaquais. Trois décennies d’innovation pour Renzo Piano Building Workshop (RPBW) ayant débouché sur une cinquantaine d’ATEx, d’avis techniques et de brevets avec des industriels témoignent de la diversité des innovations qu’une équipe pluridisciplinaire peut développer sur les grands projets. 

  • PRODUITS UTILES - À l'ombre des frênes en planches

    L’ombrière s’intègre à la gamme de mobilier Link, développant des « salons d’extérieur » permettant d’habiter l’espace public pour un temps limité ou une activité précise. La combinaison asymétrique de lattes de frênes avec leur support en acier galvanisé apporte un aspect dynamique au mobilier. Design : Philippe Riehling. Dimensions (mm) : 4 230 x 2 720 x 2 610 mm (L/P/H). Installation à l’écoquartier des Sécheries, Bègles.