Heureux exemple de la collaboration entre l’Université et l’industrie de la céramique espagnole, Flexbrick réussit la gageure de transformer la brique en matériau souple utilisable en revêtement d’enveloppe, de sol ou en structure. La modularité de la céramique offre en outre à l’architecte de grandes possibilités de personnalisation.
Allier la souplesse du tissu à la céramique, matériau rigide par essence, c’est la contradiction que se propose de résoudre Flexbrick, un système constructif mis au point par l’architecte catalan Vicente Sarrablo. L'idée du procédé est venue lors d'un voyage en Uruguay, alors que Sarrablo découvre les bâtiments d’Eladio Dieste, ingénieur et architecte auteur de prodigieux édifices reconnaissables à leurs voûtes en briques élancées, voire à leurs cadres de briques suspendues. Pour réaliser ces ouvrages qui semblent si éloignés de ce que « le matériau aurait demandé à être », Dieste avait armé la brique. Pendant près d’une quinzaine d’années, Vicente Sarrablo, aussi directeur de la chaire céramique de l’université internationale de Catalogne à Barcelone, a cherché à revisiter cette technologie en mobilisant le savoir-faire des entreprises espagnoles, premières productrices mondiales de céramique. Dans son système, des câbles d’acier tressés se substituent aux fers à béton. La versatilité et la souplesse de ce complexe inédit permettent d’envisager son emploi comme matériau de structure ou comme revêtement, au sol ou en façade.

