Pour sa sixième édition, le concours Architecture Bas Carbone / ABC organisé par EDF propose de transformer la ville en explorant des formes d’habitat plus innovantes, plus participatives et toujours plus économes en énergie, comme y invite la loi Alur (pour l’accès au logement et un urbanisme rénové). Les sept projets retenus cette année dans le cadre du concours – sur une soixantaine de candidatures – portent sur des constructions neuves ou des rénovations localisées dans des tissus urbains constitués afin d’en rentabiliser le foncier ou les emprises bâties. Tous visent à accroître et à diversifier les usages et les fonctions dans les sites considérés en apportant une nouvelle offre résidentielle adaptée aux modes de vie actuels et engagée dans la transition énergétique à opérer. Comme lors des précédentes sessions, les concurrents ont disposé de trois mois pour affiner leurs propositions avec l’assistance technique d’EDF.
« IMBRICATIONS », CONSTRUCTION DE 13 MAISONS DE VILLE SUR 4 PARCELLES, À GENNEVILLIERS (92)
DJURIC-TARDIO ARCHITECTES, AVEC FRANCK BOUTTÉ CONSULTANTS, SLETEC INGÉNIERIE / SOCIÉTÉ COOPÉRATIVE D’HLM DE LA BOUCLE DE LA SEINE
Pour valoriser le tissu ancien de Gennevilliers et en favoriser la mutation, les architectes proposent d’intervenir par petites touches, dans le respect de l’occupation historique, avec pour opérateur une société coopérative ad hoc. Quatre projets viennent s’y glisser selon différents scénarios opportunistes : greffe en pignon, alignement en front de rue ou dans la profondeur de la parcelle, pièce d’angle…
CITÉ DES ÉLECTRICIENS, RÉHABILITATION, À BRUAY-LA-BUISSIÈRE (62)
PHILIPPE PROST (AAPP), AVEC VERDI INGÉNIERIE, TECHNICITY, FORR PAYSAGISTES / ARTOIS COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION ET MISSION BASSIN MINIER
Construite au milieu du XIXe siècle par la Compagnie des mines de Bruay, la cité n°2 est un rare témoignage de la première révolution industrielle. Appelée Cité des électriciens pour ses noms de rues (Branly, Volta, Marconi…), elle décline tous les caractères des anciens corons empreints de ruralité. Inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2009, elle fait partie des cinq cités pilotes retenues pour l’inscription du bassin minier au patrimoine mondial de l’Unesco en 2012, comme « paysage culturel évolutif vivant». D’où la réflexion prospective menée sur ce patrimoine ordinaire, « monument du quotidien », que la maîtrise d’oeuvre entend transformer pour mieux le conserver.
IMMEUBLE « SAINT-EXUPÉRY », RESTRUCTURATION MIXTE, À VILLENEUVE-SAINT-GEORGES (94)
FRÉDÉRIC BOREL ARCHITECTE, AVEC SAINT-GOBAIN HABITAT, PACTE INGÉNIERIE / TOIT & JOIE, SOCIÉTÉ ANONYME D’HLM
Ni monument, ni édifice technique, ce curieux bâtiment résulte de la métamorphose d’un petit immeuble construit dans les années 1960 pour loger les professeurs de l’école voisine. De l’indigente architecture d’origine, il ne reste rien, sinon la structure désormais enchâssée dans une nouvelle ossature formant un tabouret pour supporter les quatre coques tulipées de la surélévation. Ce tour de passe-passe dissimule une redistribution imposée par le plan de prévention des risques d’inondation qui interdit l’habitation en pied.
« LE GARAGE », RECONVERSION EN 79 LOGEMENTS, À PARIS 18e
WILD RABBITS ARCHITECTS (WRA), AVEC TRIBU, POUGET CONSULTANTS / INVESTISSEUR PRIVÉ
La prise en compte du phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU) préside à cette étude de faisabilité engagée pour le compte d’un investisseur privé sur un ancien garage de la rue Lamarck, au pied de la Butte Montmartre. L’objectif est d’éviter l’accumulation de chaleur liée à l’inertie du bâti en milieu urbain dense à la faveur de la reconversion de cette structure en béton armé qui forme un bloc de sept niveaux coincé entre mitoyens sur 37 mètres de large et 60 mètres de profondeur.
RÉSIDENCE « PLEIN CIEL », RECONVERSION-EXTENSION DE 60 LOGEMENTS FAMILIAUX, À MÉRIGNAC (33)
BRUTHER ARCHITECTE, AVEC INEX BUREAU D’ÉTUDE TECHNIQUE ET ENVIRONNEMENTAL / AQUITANIS, OFFICE PUBLIC D’HABITAT
Incongrue en tissu pavillonnaire, cette barre de sept étages plantée au milieu d’un grand terrain a pour fonction de loger les personnes âgées dans une centaine de studios identiques. La politique de densification urbaine conduite par la CUB sur le parcours du tramway conduit à rentabiliser ce foncier (1 ha)
avec la construction d’un Ehpad en fond de terrain et la reconversion de la barre existante en logements familiaux de manière à éviter une démolition coûteuse à tout point de vue. Cette construction des années 1960 est donc recalibrée et flanquée d’ailes neuves dissymétriques afin d’en casser l’image et de la raccorder à son environnement.
PARKING SAINT-ROCH, CONSTRUCTION-RECONVERSION, À MONTPELLIER (34)
ARCHIKUBIK, AVEC FRANCK BOUTTÉ CONSULTANTS / SOCIÉTÉ D’ÉQUIPEMENT DE LA RÉGION DE MONTPELLIER (SERM)
La mutation est inscrite dans les gènes de ce parking aérien en construction pour le jour où la voiture sera devenue obsolète ou jugée déplacée en ville. Le bâtiment pourra alors le disputer en animation et fonctionnalité avec la gare voisine requalifiée en pôle multimodal. Dès à présent, il campe un signal à l’articulation du faubourg et du centre historique.
ÎLOT 02, ZAC CLICHY-BATIGNOLLES, À PARIS 17e
CHRISTIAN BIECHER, ARCHITECTE MANDATAIRE, AVEC MAD ARCHITECTS ET PHYTOLAB, PAYSAGISTE, ESPACETEMPS, OASIS / SCCV EMERIGE, PROMOTEUR PRIVÉ
Transformer la ville, la ZAC de Clichy-Batignolles s’y emploie sous le label d’écoquartier pour faire la soudure entre les beaux quartiers et l’avenue de Clichy le long du parc créé sur le tracé des voies de la gare Saint-Lazare. Côté ouest, l’îlot O2 en est la figure de proue tournée vers Paris, avec la rue Cardinet à ses pieds. Densité et complexité urbaines caractérisent cet îlot posé sur un socle commercial comportant une crèche et une entrée de métro contraignante. Deux immeubles s’y dressent, le premier d’habitat social à la pointe de l’îlot, le second d’initiative privée plus volumineux sur l’arrière.







