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L’architecte Frank Owen Gehry, né Goldberg, s’est éteint à l’âge de 96 ans. Figure majeure de l’architecture contemporaine, il laisse derrière lui une œuvre qui a profondément bouleversé les codes du bâti. Ses projets, aux formes déstructurées, pliées ou courbées de manière inattendue, ont redéfini comme un mouvement en rompant avec les normes traditionnelles de construction.

Gehry s’est d’abord fait connaître en 1978 avec la transformation radicale de sa maison familiale à Santa Monica. La presse américaine le qualifie alors de « subversif », considérant qu’il avait « déchiré » l’édifice et, par la même occasion, mis à mal les canons de l'architecture. Cette remise en question permanente des conventions nourrira l’ensemble de sa démarche.

Lauréat du prix Pritzker en 1989, il marque durablement l’histoire avec les courbes scintillantes du musée Guggenheim de Bilbao en 1997, la Fondation Louis Vuitton à Paris en 2014, ou encore son ultime projet d’envergure : deux tours de près de 300 mètres destinées à redessiner la skyline de Toronto, dont l’achèvement est prévu en 2028. Pour Gehry, chaque typologie était une opportunité de réinventer le programme et de combattre les formes figées par le temps.

Pionnier de l’usage du numérique en architecture, il fut l’un des premiers à détourner le logiciel CATIA initialement développé pour l’aéronautique afin de donner vie à ses formes sculpturales. Cette alliance entre audace et maîtrise technique lui a valu autant d’admiration que de critiques, certains dénonçant une « architecture-spectacle ». À ces reproches, Gehry répondit un jour en levant simplement son majeur, avant de rappeler, à 85 ans : « Bilbao prouve que la bonne architecture peut faire la différence. »

En 2014, nous l’avions rencontré pour l’inauguration de la Fondation Vuitton. L’architecte David Leclerc - qui avait travaillé dans son atelier dans les années 90 – avait mené l’entretien. Affable malgré le jet lag, il était manifestement heureux de parler enfin d’architecture et envoyait promener l’attaché de presse qui voulait interrompre notre discussion alors que les journalistes du monde entier attendaient leur tour.

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