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Will Alsop s’est éteint samedi 12 mai 2018 à l’âge de 70 ans. L’architecte anglais s’était fait remarquer, tout au long de sa carrière, par des œuvres originales aussi bien que controversées. En 2000, il recevait la plus prestigieuse distinction britannique en matière d’architecture, le Stirling Prize, pour sa réalisation de la bibliothèque de Peckham, dans le sud-est de Londres. Portrait d’un personnage à part dans l’univers architectural contemporain : the maverick.

Qu’on l’ait critiqué ou adoré, on ne peut nier que Will Alsop ait eu un rapport passionnel à l’architecture. À 16 ans, alors qu’il vient de perdre son père, il quitte les bancs de l’école pour travailler dans une agence d’architecture, poursuivant sa scolarité avec des cours du soir. Il ne quittera plus jamais la profession. Diplômé à 23 ans de la AA, la fameuse Architectural Association School of Architecture de Londres, il entame alors une carrière d’architecte rythmée par des changements fréquents d’agences et de coéquipiers ainsi que par des controverses féroces sur sa production.

 

Will Alsop a toujours été perçu comme un grand original, et sa dégaine peu soignée avait d’ailleurs interpelé un journaliste de The Observer qui avait fait son portrait en 2007 : « Will Alsop, avec son T-shirt noir tout froissé, sa veste noire et ses long cheveux grisonnants, ressemblait bien plus à un cycliste ébouriffé qu’à un architecte de renom ». Avec son surnom de « the maverick », qu’on pourrait traduire en français par « le non-conformiste », il a en effet à son actif toute une liste de production aussi bariolée qu’excentrique. S’il citait Le Corbusier, Sir John Soane ou encore Mies van der Rohe parmi ses influences, ses bâtiments traduisaient toujours le caractère impertinent et joueur de l’architecte, qui aura bel et bien laissé son empreinte personnelle.

 

Parmi les édifices phares de l’architecte, la Bibliothèque de Peckham, qui lui aura valu le Prix Stirling, mais aussi la galerie d’art The Public à West Bromwich dans les Midlands de l'Ouest ou encore le Chips résidentiel de New Islington dans la région de Manchester. Une réalisation française, également, qui avait suscité le débat en 1994, lors de la livraison de cet immense édifice de bureaux à Marseille : le Grand Bleu, ou l’Hôtel du Département des Bouches-du-Rhône. Il venait de livrer, début 2018, deux stations de métro pour la ville de Toronto, via son agence All Design.

 

Plus encore que ses constructions, c’est sans doute la personnalité piquante qui a marqué le monde de l’architecture. Will Alsop rappelait souvent qu’à peine 10 % seulement de ses conceptions avait été livrées. Loin de s’en plaindre, pourtant, il insistait sur l’importance de persévérer et de continuer, corps et âme, à dessiner et à imaginer. Dans son portrait de 2007, il concluait, au regard de son œuvre architecturale : « j’aime les gens, j’espère que ça se voit. »


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