Maîtrise
d'ouvrage : Communauté de communes Pays de Forcalquier Montagne de
Lure
Maîtrise
d'œuvre :
R+4 architectes mandataire : Bernard Brot et Christiane Mars - Benoît
Séjourné, architecte associé - Éric
Daguillon, OPC - ABAC
Ingénierie, BET structures et fluides - CUBIC,
économiste - Génie
acoustique, BET acoustique - Marie
Morel, artiste peintre - Karine
Giraud, graphiste
Shon
: 1 200 m²
Début
des études : janvier 2009, réception : septembre 2010
Coût
total : 1 350 000 € ht
La communauté de communes Pays de Forcalquier montagne de Lure veut faire "du livre et de la lecture" un de ses axes de développement. Elle décide de réhabiliter l'ancien bâtiment de logements de la gendarmerie, deux ailes en équerre construites dans les années soixante, sans intérêt architectural, mais proche du centre, et avec la vieille ville comme paysage.
La Maison des métiers du livre de Forcalquier au final compte 1 200 m2 de planchers : 650 sont en bureaux particuliers pour les entreprises et professionnels, et les 550 autres sont des espaces communs : salles d'exposition, de réunion, cafétéria, reprographie, archives, stock tampon et librairie de gros. Les circulations sont pensées pour favoriser les rencontres. Les locataires, petits éditeurs indépendants, métiers liés à la naissance des livres : graphistes, correcteurs, typographes, imprimeurs, relieur…, disposent de ces équipements communs, l'ambition étant que leur proximité dans un même lieu favorise les coopérations, les projets communs, l'émulation, la lisibilité et le rayonnement des entreprises en même temps que leur consolidation économique.
Cet immeuble changeait de destination : de logements de gendarmes à lieu de travail avec une vocation particulière, le monde du livre. Dans le cadre de cette restructuration l'approche environnementale a été fortement développée : isolants naturels y compris en façade, chauffage bois mutualisé, sols également naturels, imperméabilisation minimale, récupération d'eau, VMC double flux…. Compte tenu des orientations et des vues, une grande attention devait être portée au confort d'été. Les couloirs et escaliers intérieurs ont été détruits au profit de dessertes par l'extérieur, par l'intermédiaire d'une coursive sur la façade sur cour au Nord Ouest. Cette coursive devait être protectrice du vent et de la pluie, servir de sas. Cette nouvelle peau extérieure devait contribuer à marquer l'identité du bâtiment tout en maintenant une certaine luminosité. Non chauffée la coursive utilise peu le verre (d'autant que les vues sur la ville ne sont pas de ce coté) et se pare de polycarbonate, moins onéreux, léger, translucide.
Deux éléments forts se prêtaient à une intervention artistique et contemporaine, la double peau de la coursive et les volets. Les façades ont été isolées par l'extérieur, les baies vitrées ont été mises au nu extérieur, formant des entablements intérieurs en bois où l'on peut s'asseoir. Outre une protection solaire par des bandeaux de panneaux photovoltaïque en casquette sur les façades bien exposées, des volets étaient nécessaires. Essentiellement vus depuis le point haut de la ville, la citadelle, ces panneaux lisses et coulissants devaient s'apparenter à des couleurs de volets « traditionnels » en Provence. Les coursives ont une largeur qui va au-delà du réglementaire et servent à la desserte des réseaux. Toute la structure, des planchers mais aussi des façades, est apparente et brute, comme les serrureries en acier galvanisé, le plus neutre et simple possible. Le même principe est adopté pour la terrasse en articulation entre les deux ailes existantes. Des bacs profonds ont pu être mis au dessus de l'ancien toit terrasse pour végétaliser la treille. Ainsi, confortablement, la terrasse devient espace de rencontre, de lecture… dans un rapport à la ville privilégié.
Cette opération de restructuration montre que tout en conservant la volumétrie initiale et les toitures, un bâtiment banal peut être totalement réinvesti et transfiguré. En effet seules les façades ont été retravaillées, et les seuls éléments ajoutés sont les coursives et circulations verticales extérieures. Pourtant le bâtiment se vit et se lit totalement différemment aujourd'hui et exprime sa modernité.













