Donner toute la liberté aux habitants de se saisir de leur logement : c’est ce qui a guidé le collectif encore et David Pradel pour cette opération située à Brazza, à Bordeaux. Tout en s’écartant du plan guide du quartier, les architectes ont fait le choix de la rationalité constructive au profit des possibilités d’usages, de la lumière et de l’air. Cette réalisation a reçu de Prix d’architectures 10+1 2024.
| Maîtrise d’œuvre : collectif encore-David Pradel (architectes), AIA Ingénierie (structure), BG6 (fluides), Freelance Études (économie), Vincent Hedont (acoustique) Maîtrise d’ouvrage : Mésolia Surfaces : 6 592 m2 (surface utile), 6 101 m2 (surface de plancher), 5 506 m2 (surface habitable) Coût : 8,9 millions d’euros HT (1 540 euros HT/m2 SHAB et 1 290 euros HT/m2 SU) incluant : fondations profondes, impact pollution, VRD Livraison : septembre 2024 |
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Vue du jardin entre les deux bâtiments et l'accès au logement s'effectue par des grands balcons © E. Caille
Après une première réunion en 2014, il aura fallu dix ans pour que ces 82 logements locatifs sociaux conçus pour Mésolia voient le jour à Bordeaux. Sur la rive droite de la Garonne, le projet prend place à Brazza, en vis-à-vis de la Cité du vin et des Bassins à flot. Le plan guide de ce nouveau quartier a été imaginé par l’architecte-urbaniste Youssef Tohmé autour d’une idée devenue slogan métropolitain – « L’urbanisme en liberté » – et de la volonté d’offrir des logements réellement abordables dans une ville soumise à une forte pression immobilière. Cette idée de liberté, le collectif encore et David Pradel l’ont prise au pied de la lettre pour la déployer à l’intérieur des logements. Si les préconisations urbaines démontraient une qualité à l’échelle du quartier, leur traduction à l’échelle de ce macrolot générait à leurs yeux des vis-à-vis, des vues et des orientations qu’ils pouvaient optimiser. À l’encontre du plan guide, ils ont ainsi proposé deux bâtiments au lieu de quatre, réalisant au passage des économies considérables : moins de fondations, moins de linéaire de façades. Le dialogue fut entamé pour inverser le regard et partir du vécu de l’habitant. « Nous avons décidé de repartir de l’intérieur, c’est-à-dire des qualités de vie procurées dans chaque logement, résume David Pradel, qui a longtemps travaillé chez Lacaton & Vassal. Youssef Tohmé, parti de l’extérieur, nous de l’intérieur, nous avons finalement réussi à nous rencontrer au terme d’efforts conjugués. La genèse du projet Brazza prévoyait des ateliers réguliers réunissant les divers acteurs à un rythme soutenu. En concertation avec lui et en maintenant les qualités qu’il souhaitait, nous avons finalement pu déroger au plan initial et aux principes de volumes prédéfinis. » (...)

