Face à la difficulté de loger les plus pauvres, que font les architectes ? Il est proposé ici une réflexion sur la possibilité d’aborder spatialement le sujet, par-delà les tabous qui rendraient intouchables les contours actuels de l’architecture du logement. La question mérite d’être posée : derrière le valeureux héritage du logement moderne standardisé, ne risque-t-on pas d’encourager le logement cher, inabordable pour une partie grandissante de la population, alors qu’une prochaine crise sociale pourrait bien venir du coût du logement ? Quelle autre approche lui substituer ?
C’est dit et répété, le mal-logement augmente, et « mal » signifie en partie pas logé. Mais ce constat suscite plus de déploration que de solutions. Derrière les militants du Droit au logement (DAL), les solutions seraient connues et suffisantes : construire davantage, réquisitionner des logements vacants, encadrer les loyers, revaloriser l’APL, faire appliquer le droit au logement opposable. Ces solutions – dont certaines étaient déjà revendiquées au temps de Georges Cochon et de l’Union syndicale des locataires dans les années 1910 – se heurtent aux choix politiques et économiques faits par l’État. La construction de logements sociaux cumule des retards, les effets de la loi SRU restent mesurés, l’aide à la personne baisse, les réquisitions de bâtiments vacants sont très marginales. Le parc modeste à quelques euros le mètre carré disparaît parallèlement sous les rénovations et réhabilitations. « Plus on est pauvre moins, on a de chances d’obtenir un logement social », note la journaliste Isabelle Rey-Lefebvre dans Le Monde en juin 2020. (...)$##$ On commence seulement (...)Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne