Maîtres d'ouvrages : Ville d'Albertville
Maîtres d'oeuvres : Tectoniques
Entreprises : Abamo, Dekra, Coordicas, Ginger CEBTP, Arborescence, eEgénie, DBVIB, Atelier du Bocal, Pimant
Surface SHON : 2415 m2
Cout : 5 100 000 euros HT
Date de livraison : février 2020
Maison
de l’enfance à Albertville (Savoie) - Bonnes vibrations
Entre le centre d’Albertville et le Pôle Olympique, le quartier Val de Roses – la Contamine fait partie d’un important projet ANRU qui sera conduit jusqu’en 2030. La Maison de l’Enfance est la première construction de cette opération d’aménagement urbain. Elle rassemble des enjeux sociaux, environnementaux et architecturaux ambitieux et traduit un message fort d’engagement pour la petite enfance et la jeune génération. L’agence Tectoniques relève ce défi en proposant un équipement à vocations multiples, ouvert, transparent et appropriable par tous. L’édifice, identifié par sa peau métallique cuivrée, est à la fois un repère visuel fort et le symbole de cette grande rénovation urbaine. Inscrit au cœur des massifs des Bauges, du Beaufortain, de la Lauzière et du Grand Arc, son architecture est conçue pour prendre de la hauteur et se tourner vers le ciel.
Inscription
urbaine
Le contexte urbain du projet est plutôt hétéroclite. Entre campagne et ville, il est composé de maisons individuelles, de petits collectifs et d’immeubles sociaux construits dans les années 1970. A l’échelle du grand paysage, il bénéficie de vues exceptionnelles sur les sommets environnants.
L’organisation
du bâtiment favorise la création de liens spatiaux, et donc sociaux, entre les
différents quartiers, à plusieurs échelles du territoire : liaisons
piétonnes entre le nord et le sud, désenclavement des quartiers, ouvertures
visuelles, enrichissement des interfaces, nouvelles pratiques et appropriations
par les usagers.
Du
territoire à son environnement alentour, la conception même du bâtiment est une
invitation à élever le regard. En disposant une partie importante de son
programme à l’étage, elle cherche à donner des vues cadrées sur les montagnes
et à prendre de la distance avec le sol.
Projet
démonstrateur en termes de développement durable, il prend la forme d’un bâtiment
économe, sobre et non ostentatoire.
Économiser
le sol, installer une partie du programme en hauteur
La compacité a été la réponse choisie pour cet ambitieux projet d’une surface de 4 500 m² et un programme à cinq têtes. Les architectes revendiquent la volonté d’économiser le sol, première ressource naturelle, afin de ménager une éventuelle réserve foncière pour l’évolution de projets futurs, et dans l’instant présent, laisser la part belle à sa végétalisation avec 4 000 m² d’espaces verts sur un terrain de 6 000 m². Le projet s’installe sur le haut de sa parcelle, ce qui lui permet aussi de bénéficier du bon ensoleillement et de bien gérer son articulation avec les aménagements extérieurs, le parvis d’entrée et le jardin en pente.
L’édifice
accueille une crèche municipale, un relais d’assistantes maternelles, une
crèche familiale, un centre de loisirs (ALSH) et un restaurant scolaire.
L’entrée se fait au centre du bâtiment, sur sa façade ouest, et génère une
organisation claire : au sud, l’accueil des petits avec les crèches et le
relais d’assistantes maternelles, et au nord, la salle de restauration, les
salles d’activités et les locaux techniques. L’étage est réservé au centre de
loisirs, ouvert largement sur son préau et sur une grande cour de récréation
généreuse de 1 200 m². Au-dessus du R+1 se situent de vastes combles techniques
qui hébergent l’ensemble des réseaux, très facilement accessibles.
Défendre
la mixité structurelle
Aujourd’hui le bois et le béton se regardent avec méfiance voire avec défiance tandis que le métal joue sa partie en solitaire. Par ailleurs, les difficultés rencontrées par les récentes opérations « tout bois », notamment pour les constructions de plus de huit mètres, incitent les architectes et les ingénieurs de Tectoniques à reconsidérer leurs approches et à sortir des dogmes radicaux. Le projet d’Albertville illustre une approche raisonnée qui valorise les complémentarités des différents systèmes.
Elle sollicite les
trois grandes familles de structures (bois, béton et métal) en les
utilisant là où elles sont les plus intelligentes, techniquement et
économiquement. Le béton est valorisé en structure primaire comme noyau de
stabilité du dispositif (Albertville est en zone sismique). Ce noyau est construit en pré-murs béton, lui-même entouré et surmonté d’une
structure en bois (400 m³ utilisés).
La structure verticale est formée de panneaux
en CLT (le PLX de Monnet Sève en bois français) qui s’assemblent comme
un jeu de construction. Les planchers sont en solivage lamellé-collé et les
panneaux extérieurs en murs manteaux type MOB. L’ensemble des bois sont de
provenance locale : des Alpes, du Morvan et de l’Ain. Le métal est enfin utilisé pour les
exo-structures destinées et aux ouvrages de protection et de bardages des
façades. Ce dispositif, associé à une préfabrication intégrale, assure une qualité
de réalisation « industrielle » et a permis un chantier de 13 mois.
Deux matériaux habillent la façade du socle : une vêture claire et lisse en béton fibré qui assure l’interface avec l’espace public, et un bardage Douglas pré-grisé dans les parties protégées et sous le préau.
Pour l’étage et les combles, c’est une double peau métallique qui habille et ceinture l’ensemble du bâtiment. Elle est formée de deux bardages : un marqué par une onde horizontale pleine, de teinte bronze qui recouvre les parties construites du bâtiment, le second est un panneau métallique nervuré verticalement et perforé (43%) de teinte cuivre. Les deux jouent un effet de dentelle et créent des vibrations changeantes sous la lumière. Leurs couleurs passent de nuances très sombres à des reflets métalliques, et oscillent entre transparence et opacité. Cette matière rend la façade abstraite. Cette double peau joue aussi un rôle de filtre pour l’ensoleillement de la cour de récréation et garantit la sécurité des enfants.
Ambiance
intérieure
L’intérieur du bâtiment est qualifié par son bois blanchi (hêtre et épicéa) entièrement apparent, aussi bien sur les murs, les plafonds, les menuiseries et le mobilier. Ils proposent aux enfants un langage architectural à la fois très doux, très contemporain et légèrement abstrait. Le mobilier a été dessiné sur-mesure et les couleurs choisies avec le personnel d’encadrement pour distinguer les différentes fonctions (jaune poussin pour les vestiaires, bleu canard pour les salles de propreté …). La question du confort et de l’ergonomie est assurée par cette lumière naturelle très généreuse, et tempérée par des protections extérieures réglables. L’équipement est chauffé par un réseau de chaleur en biomasse et ventilé par un CTA adiabatique, ce qui assure le confort d’été dans une démarche vertueuse.




