Copyright : ©Catherine Mosbach

Sous ce climat subtropical, les températures oscillant entre 24 et 38 °C au cours de l’année, avec des taux d’humidité atteignant 80 % en été, peuvent rendre les activités en extérieur difficilement supportables… si bien qu’on y préfère les promenades dans des malls climatisés. C’est avec la volonté de saisir à bras-le-corps ces importantes contraintes climatiques – au sens météorologique du terme – que l’équipe formée par la paysagiste Catherine Mosbach et l’architecte Philippe Rahm (secondée sur place par l’agence Ricky Liu & Associates) a remporté le concours pour l’aménagement du Central Park de Taichung en 2011.

Pour sortir vainqueurs de cette compétition internationale, ils mettent en place une méthodologie fondée sur leurs complémentarités respectives, associant par dialectique un travail sur les éléments naturels (l’eau, la terre, le végétal) et des artefacts techniques (l’artificiel, l’architecture, l’ingénierie, le design) et ce, dans le but d’offrir aux promeneurs un « confort climatique supportable en plein air ».

À partir de cibles bien identifiées que sont la chaleur, l’humidité, la pollution ou le traitement de l’eau, l’équipe de maîtrise d’œuvre souhaite déployer et tester des solutions innovantes et expérimentales à grande échelle afin de créer un parc à zones plus ou moins tempérées. Du plan-masse aux moindres détails de signalétique, en passant par le plan de plantation, le morphing des sols, la construction des infrastructures et le balisage d’un mobilier connecté : chaque mètre carré est déterminé en fonction des forces météorologiques, dans un but d’optimisation, d’équilibrage et d’absorption, toujours pour le confort du promeneur. Albédo des matériaux, îlots de chaleur, traitement de la qualité de l’air, artificialisation et porosité des sols, smart landscape et smart grid, simulation numérique des dynamiques des fluides : toutes ces données encore peu considérées ou disparates lors de la création des écoparcs au début des années 2000 sont alors ambitieusement intégrées dès la conception générale, faisant aujourd’hui de Taichung un laboratoire à grande échelle de l’urbanisme de demain. Si le parc – partiellement livré mais pas encore inauguré – doit dessiner un axe transversal au sein d’un vaste territoire urbain encore en friche, il accueille déjà du public, et l’on peut y faire l’expérience de la promenade jusqu’à la nuit tombée. Nous avons visité cet incroyable paysage en octobre dernier, et vous convions à le visiter avec nous.

Maître d’ouvrage : Gouvernement de la ville de Taichung, district de Xitun

Maîtres d’oeuvre : Mosbach paysagistes, Philippe Rahm architectes, Ricky Liu & Associates

BET structures : Bollinger & Grohmann (France)

BET simulations thermodynamiques : Transsolar (Allemagne)

BET VRD & hydraulique : Atelier LD (France), Sepia Conseils (France)

Ingénierie de systèmes intelligents : Fabric.ch (Suisse)

Ingénierie de l’éclairage : Philippe Rahm architectes, Ricky Liu & Associates (Taiwan)

Programme : transformation de l’ancien aéroport en Central Park, comptant un bâtiment d’accueil, un centre de maintenance, 10000 m2 de panneaux photovoltaïques, tous les équipements (toilettes, locaux techniques, mobilier)

Superficie : 67,32 hectares

Coût : 80 millions d’euros

Calendrier : 2011-2020 (2011 : premier prix du concours international, 2012 : fin des études préliminaires, 2013 : fin des études détaillées, 2014 : début du chantier, 2020 : fin de la mission)

Qu’est-ce que construire un parc aujourd’hui ? Qu’est-ce que construire un parc à Taichung, la seconde ville la plus peuplée de l’île de Taïwan, après Taipei, sa capitale ? Qu’est-ce que concevoir un parc dans la ville où est implantée la plus importante centrale à charbon au monde ? Et surtout, comment transformer un ancien aéroport plat et dénudé en un parc de 70 hectares, vallonné et luxuriant, dans une région au climat subtropical parfois touchée par des typhons ?
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