Maîtres d'ouvrages : Heike Zweydinger
Maîtres d'oeuvre : Studio Aisslinger
Fournitures : Luminaires Hobo, chaise Juli (Cappelini), luminaires Asoen (B.lux), lampe Behive (Foscarini)
Date de livraison : 2018
S’il est un domaine commercial qui échappe complètement au design et à l’architecture intérieure, c’est bien celui de la pharmacie. Les officines sont généralement créées par des aménageurs spécialisés qui dupliquent leurs modèles éprouvés tout comme leur mobilier austère et uniquement fonctionnel. Dans le centre commercial Schultheiss Quartier à Berlin, Werner Aisslinger a imaginé ce qu’il envisage comme la « pharmacie du futur ». « Aujourd’hui, des centaines de boutiques en ligne livrent des médicaments directement à votre domicile – un service qui correspond bien à la tendance de notre époque, analyse le designer allemand. La marginalisation de l’analogique, la virtualisation croissante de la vie quotidienne et la tendance à limiter la communication aux seuls comptes de messagerie instantanée et chats témoignent de cette réorganisation en cours du monde humain, selon un idéal d’optimisation fonctionnelle globale. Cette pharmacie redécouvre l’expérience d’un lieu où, autrefois, les gens aimaient se rendre pour se sentir en sécurité et demander de l’aide, un lieu dont l’aura instillait la confiance et démontrait la souveraineté de la science. » Quand dans la plupart des pharmacies les flux sont strictement organisés, le concept architectural s’appuie ici sur l’idée de libre circulation. Les clients déambulent à leur guise, sans parcours prédéterminé. Des chaises et banquettes confortables leur permettent de s’asseoir, de prendre le temps. Autre idée clé : la sacro-sainte opacité est abandonnée au profit de la transparence. Désormais la lumière passe entre l’espace de vente et le laboratoire grâce à des cloisons en pavés de verre. De même, le stockage des médicaments et le robot qui les achemine sont mis en scène au cœur de la pharmacie. « Rien n’est caché », résume Werner Aisslinger. Les matériaux, les couleurs, les présentoirs ou encore la signalétique favorisent quant à eux une atmosphère domestique, loin de l’univers médical aseptisé.