Maîtres d'ouvrage : Hélio Olga da Souza Junio
Maîtres d'oeuvre : Marcos Acayaba
Surface : 220 m²
Date de livraison : 1991
São Paulo est une métropole de quelque 20 millions d’habitants, où un nombre croissant de tours émerge d’une marée pavillonnaire. La maison en bois de la famille Olga est l’une des plus célèbres de cette ville tentaculaire. Près de trente ans après sa conception, elle n’a pas pris une ride et séduit toujours, au-delà de sa spectaculaire structure, par le minimalisme raffiné de son mobilier intégré et le poli des essences exotiques.
Avec ce prototype de construction industrialisée, Hélio Olga voulait démontrer les avantages de la préfabrication et les potentialités du bois sur les sites difficiles. Comme dans un immense mécano, les quatre étages sont constitués de cubes de 3,30 mètres de côté, superposés avec d’impressionnants porte-à-faux aux deux derniers niveaux. L’élégance de la maison vient entre autres de la finesse des éléments. Les fenêtres ? Du simple vitrage dans des cadres en bois coulissants. Les murs ? De minces panneaux en fibres-ci-ment peints en blanc, glissés dans la structure principale. Pas besoin d’isolation ! À São Paulo, la température oscille en général entre 18 et 26°C. S’il fait 12°C en juil-let pendant quelques jours, on allume le feu dans la cheminée. Pour les périodes de forte chaleur, Hélio a prévu au centre du séjour des clapets intégrés au parquet, qui peuvent basculer pour laisser entrer l’air frais dans l’épaisseur du plancher. Dans la cage d’escalier, des volets coulissants participent aussi à la ventilation naturelle.La structure est d’une lisibilité parfaite. Les six pieux en béton, enfoncés de 18 mètres dans le sol, qui émergent au-dessus du terrain en laissant intact le profil naturel très accidenté. Ils supportent 20 modules superposés en ménageant en partie haute des encorbellements symétriques: seulement deux modules aux deux niveaux inférieurs, six modules pour l’étage des chambres et dix modules pour la pièce à vivre au rez-de-chaussée haut, où un point d’ancrage dans le rocher garantit la stabilité contre les poussées du vent du sud. Les trois portiques de l’ossature primaire sont constitués de poteaux et poutres en bois massif, assemblés aux angles par des sabots en acier galvanisé. Des poutres de liaison reprennent les poussées du vent; le contreventement est assuré par des tirants métalliques formant des croix de Saint-André. Après la mise en place de ce squelette, quarante-cinq jours ont été nécessaires à trois ouvriers pour y accro-cher les éléments préfabriqués du reste de la structure. Ce système, qui évite les échafaudages, réduit l’infrastructure et les déchets de chantier à un minimum. Sur ce genre de site difficile, le coût global est divisé par deux par rapport à une solution conventionnelle en béton.
MARCOS ACAYABA :
« L’empreinte d’Hélio réside dans l’excellente technique des structures »
« J’ai collaboré avec Ita Construtora sur 27 projets, dont 21 ont été réalisés. Hélio est l’un des meilleurs ingénieurs de calculs de structure avec qui j’ai travaillé. Il est toujours ouvert à des propositions novatrices, et il les affronte avec du courage et beaucoup d’assurance, grâce à son expérience et son inventivité. C’est en outre un excellent concepteur, un vrai designer capable de s’occuper des moindres détails. Ses structures sont efficaces et simples à exécuter, donc belles et élégantes. Par ailleurs, la production industrielle des structures d’Ita Construtora est très précise, tout comme le montage sur chantier, avec la présence constante d’Hélio, ce qui est fondamental !
Toutes mes expériences avec Ita Construtora se sont avérées fructueuses, et certaines ont été très importantes dans mon œuvre d’architecte, caractérisée par la recherche. L’empreinte d’Hélio réside dans l’excellence technique des structures, dans leur précision, leur légèreté et leur faible impact environnemental. Travailler avec lui m’a apporté, entre autres, la possibilité d’affronter des terrains difficiles, soit par leur topographie, soit pour des questions écologiques. Nous avons trouvé, par exemple, une solution pour bâtir sur une parcelle en pente raide, dominée par une forêt primaire, sans couper un seul arbre ni toucher à la couverture végétale du sol. Lors de notre première collaboration, la maison Teiman, Hélio m’a suggéré des plans à partir d’une base rectangulaire (3,50 x 5 mètres) ou carrée (5 mètres), bien adaptée au système constructif développé par Ita Construtora.
Pour la Casa Olga, la spécificité du site à très forte pente a rendu le projet très particulier. La conception a pris en considération aussi bien l’organisation du programme que le processus du montage sur le chantier, avec un résultat esthétique inusité, très différent des précédentes réalisations d’Hélio. Après cette expérience, d’autres expressions plastiques sont apparues, comme les structures modulaires triangulaires des maisons Baeta et Acayaba ou les dalles mixtes bois-béton de la Vila Butantã. La participation d’Hélio ne détermine pas une esthétique singulière, mais elle encourage les architectes qui doivent répondre à des problèmes nouveaux et complexes à élaborer des solutions très créatives. »
La collaboration d’Hélio Olga avec Zanine s’est terminée en 1982 par la construction de la villa Morumbi, une petite maison posée sur une colline boisée surplombant São Paulo, qu’il a habitée avec sa femme et leurs deux enfants. Dans ce quartier résidentiel situé au sud-ouest de la ville, la famille Olga n’a parcouru en 1991 qu’une centaine de mètres pour emménager dans la « maison-tour » conçue avec Marcos Acayaba. En 1999, Hélio a réalisé sur le terrain adjacent une première maison en eucalyptus pour son ami d’enfance, l’architecte Marcelo Aflalo, qui enseigne la construction en bois à l’université FAAP de São Paulo. Onze ans plus tard, Hélio a développé avec une autre amie, Cristina Xavier, un ensemble résidentiel expérimental pour prouver qu’entre les tours et les maisons individuelles, un habitat intermédiaire écologique et économique était possible au Brésil.



