Localisation : Châlette-sur-Loing, Loiret
Maître d’ouvrage : Aurore Bardon, directrice du projet 507, et Christian Leys, directeur des travaux (Hutchinson)
Architectes : Julien Choppin et Nicola Delon (Encore Heureux Architectes), Margot Cordier (chef de projet), assistée de JordanWeisberg & Ariane Francescato
Programmiste : François Guiguet (Aubry et Guiguet Programmation)
Décoration intérieure pour la Cuisine et la Hut’ : Véronique Bertholon (Mis en Chantier)
BET : ATEC, Gabriel Legendre (économie – OPC), Orythie (acoustique), Ligne BE (structure), Innovation Fluides (fluides)
Surface : 4 200 m2
Calendrier : études, 10 mois ; travaux, 18 mois ; livraison, 2016
Cet aménagement s’appuie sur la force initiale du bâtiment qui l’accueille et déploie une programmation très propice à l’interactivité.
Située à l’est d’Orléans, la 507 Fab House prend place dans un bâtiment industriel marqué par une riche histoire programmatique et constructive. Ancienne papeterie royale du XVIIIe siècle rachetée par Hiram Hutchinson en 1853, qui se lance alors dans la fabrication de bottes en caoutchouc, cet édifice a été reconstruit partiellement par Gustave Eiffel en 1869 suite à un incendie. L’ingénieur y assembla alors l’une de ses premières charpentes métalliques. Missionné pour sa réhabilitation en un grand pôle dédié à la marque qui a depuis très largement développé ses produits dans les secteurs de l’aviation, de l’automobile ou du bâtiment, le collectif Encore Heureux s’est interrogé sur la place de l’architecture au sein d’une entité industrielle. « De manière très inhabituelle dans ce secteur, Hutchinson cherche ici à regrouper ses clients et collaborateurs sous un même toit. Dans le domaine industriel, l’architecture est le plus souvent associée à la productivité. Et dans ce cadre, comment entre-t-elle en jeu ? », demande Nicola Delon, de l’agence Encore Heureux. Établie à proximité du centre de recherche et d’innovation, la 507 Fab House cherche à offrir une nouvelle façon de travailler, d’échanger et d’innover. Son programme offre une large place aux espaces collectifs et interactifs avec une salle de pro- jection 3D, une salle de téléprésence et une salle immersive, des salles de réunion et de formation, un auditorium de 130 places, une cuisine, un restaurant, un salon-bibliothèque et des espaces de travail collaboratif et d’exposition. L’une des principales gageures de cet aménagement a porté sur le statut accordé aux vides. Le bâtiment peut en effet accueillir plusieurs centaines de personnes à la fois à l’occasion d’événements, être réduit pour un petit effectif des personnes qui y travaillent, ou recevoir variablement les collaborateurs du centre de recherche connexe et du siège parisien. Cette occupation très instable a conduit les architectes à travailler sur la force du bâtiment existant, à savoir sa charpente Eiffel, sa capacité spatiale et sa lumière naturelle, jusqu’à conserver la texture de ses murs. Ainsi, ils interviennent à distance des façades afin de maintenir la perception de la longueur de l’édifice et de libérer des circulations périphériques. Ils créent trois atriums sur une double hauteur, ajoutent des surfaces de plancher en mezzanine et des surfaces vitrées à menuiserie bois en plus d’isoler la toiture par l’extérieur pour stopper les déperditions et d’en réorienter les sheds. Situé à l’accueil, un dispositif de gradins en bois massif pouvant accueillir 110 personnes offre d’emblée un rapport d’échelle et d’activité intéressant, et permet de distribuer les parcours scénographiques liés au travail, à la rencontre et à la découverte des produits de la marque.

