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Maître d’ouvrage : SFL (Société foncière lyonnaise). Assistant maître d’ouvrage : Constructa Urban Systems. Maître d’œuvre : PCA, Philippe Chiambaretta. Chefs de projet : Françoise Boudet, Xavier Laroche, Yves Thougart. Maître d’œuvre d’exécution : Artelia. Architecture d’Intérieur : Philippe Mirailler, consultant PCA : étages courant, hall et business center ; Noé Duchaufour-Lawrance : e-lounge, coques et mobilier ; DL2A - Didier Lefort : zones de restauration ; Agent M, Matthieu Paillard : sas d’entrée, escalier, restaurants, signalétique. BET structure : Khephren. BET acoustique : Avel Acoustique. BET éclairage : ACL Conception Lumière. BET façades : VS-A. BET fluides : Elithis. Paysagiste : Architecture et Scènes d’Extérieur. BET HQE : Greenaffair. Économiste : Dal. Entreprise générale : Vinci Construction France (Groupement Gtm/Petit/Laine Delau). Gros œuvre : Stebat – Fibrwrap. Shon : 38 000 m2. Coût : environ 100 millions d’euros. Certifications : HQE Exceptionnel, BREEAM excellent, LEED Gold. Calendrier : durée des travaux : 34 mois ; livraison : novembre 2015.

Le nouveau centre d’affaires #cloud.paris, qui fait office d’hôtels pour des entreprises innovantes, joue la carte de la centralité urbaine tout en reposant la question de la localisation des lieux de travail.


Comme nous l’explique Michael Fenker dans l’entretien qu’il nous a accordé, les entreprises tendent à accompagner, voire à renforcer un phénomène très vaste de concentration autour des villes : la métropolisation. En choisissant aujourd’hui de se rapprocher de plus en plus près des localités d’importance, elles tentent de capitaliser à leur profit une valeur économique et urbaine comme ressources pour leur développement. Dans le prolongement de cette tendance, l’opération d’importance #cloud.paris – lauréate du prix du meilleur centre d’affaires au dernier salon du MIPIM – prend le risque de sa situation : en plein centre de Paris, dans le quartier historique de la Bourse, non loin des Halles.

Elle occupe un ensemble immobilier lourdement transformé, propriété de la Société foncière lyonnaise (SFL) depuis plus d’un siècle. Ses nouveaux espaces de bureaux – 33 200 m2 pour une capacité d’accueil d’environ 2 500 personnes –, dédiés aux sociétés issues de la nouvelle économie, sont pour l’instant incomplètement investis. À ce jour, l’entreprise Facebook, le site de covoiturage BlaBlaCar et la société Exane (groupe BNP Paribas) occupent les lieux.

Réalisé par l’agence Philippe Chiambaretta, ce projet de restructuration urbaine à l’angle des rues Ménars et Richelieu est issu de l’assemblage de quatre bâtiments des trois derniers siècles, qu’il a fallu presque à moitié démolir. Leur regroupement s’est fondé sur l’analyse historique de l’ensemble et sur un diagnostic technique des existants. Disparité du bâti, absence d’alignement et de liaisons entre les immeubles, multiplicité de cours et courettes résiduelles mal éclairées, surfaces aveugles en sous-sol (représentant 30 % de la surface totale) : ces caractéristiques étaient à la fois les points faibles de cet ensemble et les clés de son potentiel de transformation.

Logée dans l’hôtel industriel de la rue Ménars, l’entrée principale – dont la façade est inscrite aux monuments historiques – ouvre sur un sas aménagé par Mathieu Paillard. Cet espace intermédiaire précède un espace d’accueil déployé en équerre sur 500 m2 autour d’une cour intérieure traitée en atrium, dans laquelle le designer Noé Duchaufour-Lawrance a conçu de grandes coques en bois qui abritent des banquettes. Leur présence anime le rez-de-chaussée étiré en profondeur.

Fruit d’une réflexion sur la diffusion de la lumière naturelle, ce centre d’affaires respire autant par ses cours et ses façades sur rue que par ses importantes façades intérieures. « Deux excavations pratiquées dans les cours apportent la lumière du jour aux deux premiers niveaux de sous-sol, explique Philippe Chiambaretta. Les surfaces ainsi éclairées ont été mises à profit pour établir les principales fonctions du centre d’affaires : auditorium de 200 places, salles de réunion, salles modulables et espace club au premier sous-sol, restaurants et cuisines communes au deuxième, le troisième et dernier sous-sol étant dédié au stationnement (99 places de voitures, 110 deux-roues, 250 vélos) et aux locaux techniques. »

Quant aux espaces de travail à proprement parler, ils sont caractérisés par leurs grands caissons vitrés saillants en façade sur rue. La connexion des planchers et la constitution de plateaux libres ont permis de constituer un ensemble scindé en deux entités. La première présente des surfaces sur 18 ou 21 mètres de large (jusqu’à 3 000 m2 de plateau) et la seconde propose des espaces alignés sur 9 mètres de largeur, facilement aménageables en bureaux. Chaque étage étant divisible et commercialisable en cinq parties.