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Le concept de réparation a récemment fait l’objet d’une attention accrue, et de nombreuses expositions et publications ont contribué à faire connaître son importance à un public plus large. Parmi les plus notables, on peut citer la série d’expositions intitulée « The Great Repair » (« La Grande Réparation ») qui a été présentée à l’Akademie der Künste de Berlin (2023-2024), au Pavillon de l’Arsenal à Paris (2024) et au Form/Design Center à Malmö (2024). En outre, diverses publications ont permis de replacer les projets dans un contexte plus large. Malgré cet intérêt croissant, il reste des questions non résolues et des lacunes importantes dans la recherche, en particulier dans le secteur du bâtiment, où le concept de réparation n’a pas encore été pleinement adopté. Combler ce manque est l’objectif central de la chaire ETH pour le Patrimoine de la construction et la préservation1, ainsi que de la thèse présentée ici en collaboration avec la chaire des Technologies numériques du bâtiment à l’ETH de Zurich2. Le projet explore le potentiel de la fabrication numérique pour la réparation des constructions architecturales en se concentrant sur le développement de pièces de rechange pour les façades complexes de haute technologie en utilisant des techniques de fabrication avancées.

Fondé sur une collaboration interdisciplinaire, le projet implique des experts dans les domaines de la préservation, de l’architecture, du génie civil et du génie mécanique. Les composants sont produits à l’aide de techniques de fabrication numérique et testés dans le laboratoire de génie civil de l’ETH Zurich. Les premiers résultats sont prometteurs, tant du point de vue de la fabrication avancée que de la performance structurelle. 

BRENNER Figure 1Façade du centre de recherche CLA de l'ETH Zurich, 2021.

Ce besoin de collaboration interdisciplinaire pour élargir le répertoire d’outils disponibles pour la réparation des bâtiments de la seconde moitié du XXe siècle a également été au cœur de la conférence internationale « High-Tech Heritage : (Im)Permanence of Innovation » qui s’est tenue en septembre 2023 à l’ETH Zurich. Les actes de la conférence ont donné lieu à la publication « High-Tech Heritage: (Im)Permanence of Innovative Architecture », qui se concentre sur les défis techniques des interventions de réparation sur les objets high-tech et propose des solutions en utilisant des techniques avancées de fabrication3.

Néanmoins, le principal obstacle à l’adoption généralisée de ces propositions réside dans les réglementations et les normes actuelles en matière de construction. La mise en œuvre réussie de ces processus dépend également de la disponibilité d’incitations juridiques, économiques et environnementales appropriées pour l’industrie du bâtiment. Cette disparité entre la faisabilité technologique et l’application pratique souligne la nécessité de poursuivre les recherches sur les cadres politiques et les normes industrielles qui pourraient permettre l’intégration de la fabrication numérique dans la réparation et l’entretien architectural. (...)

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