Cet article se fonde sur un travail de recherche entamé par l’auteur une première fois en 2012 au Politecnico di Milano, en collaboration avec l’architecte Simone Zanni. Une première version de ce texte est parue en 2022 dans la revue italienne Urbano.
par Alessandro Benetti Alessandro Benetti, né en 1987, est architecte et doctorant en histoire de l’architecture à l’université Rennes 2 et au Politecnico di Milano. Il collabore régulièrement avec plusieurs revues d’architecture, dont Domus. Il est membre du conseil de direction de l’ANCSA – Associazione Nazionale Centri Storico-Artistici.
En 2018 à la Fondation Cartier à Paris, la grande exposition collective sur l’art d’Amérique centrale et du Sud intitulée Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu1 s’ouvre sur une reconstitution à l’échelle 1:1 de la salle de bal d’un bâtiment de Freddy Mamani, né en 1971, à El Alto, en Bolivie. La couverture du catalogue est consacrée à une vue frontale d’un bâtiment de Mamani, inventeur d’un style néo-andin très flashy qui fait fureur chez la bourgeoisie alteña depuis au moins vingt ans. Les façades de ses bâtiments sont des décors bidimensionnels, colorés, polis et en miroir. Les éléments d’un langage traditionnel, inspiré par la culture locale aymara, s’y mélangent avec des références au monde de la science-fiction, qui ne sont pas sans rappeler les Transformers hollywoodiens. Ils sont tous appliqués, sur des élémentaires maisons Dom-Ino corbuséennes, qui sont des superpositions de dalles de béton soutenues par un maillage régulier de piliers. Elles superposent un rez-de-chaussée commercial, un espace ouvert pour des événements au premier étage et plusieurs niveaux de logement. Dans leur ensemble, elles constituent une grecque, un interminable motif à l’échelle urbaine, autoreprésentation chatoyante des nouveaux riches de Bolivie, se détachant sur le paysage poussiéreux du plateau andin.
(...)$##$La place importante accordée par une institution prestigieuse comme la (...)
par Alessandro Benetti Alessandro Benetti, né en 1987, est architecte et doctorant en histoire de l’architecture à l’université Rennes 2 et au Politecnico di Milano. Il collabore régulièrement avec plusieurs revues d’architecture, dont Domus. Il est membre du conseil de direction de l’ANCSA – Associazione Nazionale Centri Storico-Artistici.
En 2018 à la Fondation Cartier à Paris, la grande exposition collective sur l’art d’Amérique centrale et du Sud intitulée Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu1 s’ouvre sur une reconstitution à l’échelle 1:1 de la salle de bal d’un bâtiment de Freddy Mamani, né en 1971, à El Alto, en Bolivie. La couverture du catalogue est consacrée à une vue frontale d’un bâtiment de Mamani, inventeur d’un style néo-andin très flashy qui fait fureur chez la bourgeoisie alteña depuis au moins vingt ans. Les façades de ses bâtiments sont des décors bidimensionnels, colorés, polis et en miroir. Les éléments d’un langage traditionnel, inspiré par la culture locale aymara, s’y mélangent avec des références au monde de la science-fiction, qui ne sont pas sans rappeler les Transformers hollywoodiens. Ils sont tous appliqués, sur des élémentaires maisons Dom-Ino corbuséennes, qui sont des superpositions de dalles de béton soutenues par un maillage régulier de piliers. Elles superposent un rez-de-chaussée commercial, un espace ouvert pour des événements au premier étage et plusieurs niveaux de logement. Dans leur ensemble, elles constituent une grecque, un interminable motif à l’échelle urbaine, autoreprésentation chatoyante des nouveaux riches de Bolivie, se détachant sur le paysage poussiéreux du plateau andin.
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