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Les vingt dernières années ont été marquées par la redécouverte historiographique de l’architecture et de l’urbanisme pour la villégiature et le tourisme en bord de mer. On a beaucoup étudié les merveilles de ce modernisme, qu’il s’agisse de maisons individuelles d’architectes, de stations entières réinventées par l’architecture moderne – il suffit de penser au modernisme « tropicalisé » de Royan décrit par Gilles Ragot1 – ou des résultats des grands aménagements de l’État français, notamment les stations nouvelles du Languedoc-Roussillon2. On a souvent survolé, au contraire, une production tout aussi intéressante mais au caractère plus ambigu et aux références plus variées.


par Alessandro Benetti
Maintes études ont été consacrées aux côtes françaises et italiennes. Il s’agit de monographies sur des stations, comme les ouvrages pionniers sur le Pays basque de Maurice Culot dans les années 1990, ou l’essai plus récent de Valentina Orioli sur les stations d’Émilie-Romagne3. D’autres recherches élargissent le regard dans l’espace et dans le temps pour construire des rétrospectives sur deux siècles et demi de construction des littoraux touristiques. C’est le cas en France de Bernard Toulier – curateur, entre autres, de la grande exposition à la Cité de l’architecture et du patrimoine « Tous à la plage » en 20164 – et en Italie de Ferruccio Canal – qui a dirigé en 2015 un dossier monographique sur le sujet dans les Annali di Storia dell’Urbanistica e del Paesaggio5. À cela s’ajoutent des publications qui s’appuient sur les architectures et les villes touristiques pour théoriser sur des thématiques plus larges : Le Site balnéaire de Dominique Rouillard, qui le fait déjà dans les années 1980, ou le dossier monographique d’OASE, « Landscape and Mass Tourism » de 20046. Cette revue bibliographique, extrêmement partielle, suggère la richesse et la variété d’une littérature qui souffre néanmoins d’une lacune remarquable : très peu d’attention a été accordée aux architectures balnéaires d’inspiration vernaculaire de la deuxième moitié du XXe siècle.Et cette lacune n’est pas une question de quantité. 
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