Fondée par Rabia Enckell en 2012, Courtoisie Urbaine est une assistance à maîtrise d’usage (AMU) qui s’est donné pour objectif de faire évoluer les modes de faire immobiliers en impliquant les futurs habitants, non experts, dans le dispositif de production ou de rénovation de leurs lieux de vie. Nous avons interrogé Rabia Enckell sur la façon dont elle les accompagne, aux côtés des bailleurs sociaux et des promoteurs.

D’a : En quoi consiste votre rôle ?

L’AMU complète le jeu d’acteurs traditionnel et spécifiquement le binôme maître d’ouvrage/maître d’œuvre. La démarche repose sur l’idée que le futur utilisateur, sans expertise technique, ni expertise plastique, a une expertise d’usage. C’est assez répandu dans la fabrique du bureau, beaucoup moins dans le résidentiel, excepté dans l’habitat participatif. Il ne s’agit pas d’impliquer l’utilisateur sur toute la chaîne de production mais de l’activer à des moments très précis, avant de boucler une opération pour en achever la conception, avec lui. Nous proposons une méthodologie, des techniques d’inclusion, de déclusion aussi lorsque c’est du ressort de l’architecte, afin de mettre tout ceci en musique avec une gouvernance partagée, un vrai pouvoir d’agir et une grande transparence. La maîtrise d’usage est constituée d’un groupe d’utilisateurs, ce qui implique une capacité à raisonner pour un collectif et non pour sa personne. Nous cherchons à nous inscrire dans la durée et, idéalement, à démarrer la co-construction avant le permis de construire.

 

D’a : Votre mission se poursuit-elle après la livraison ?

Nous restons généralement un an, deux pour certains projets. Après emménagement, notre rôle devient celui de la médiation et de l’accompagnement à la mise en usage. Nous sommes le seul acteur qui traverse tous les temps du projet. Nous préférons ne pas intervenir sur les projets où il n’est pas prévu de rester après la livraison. Notre présence multiplie les chances que les choses se mettent en place correctement.

 

D’a : Que permet ce travail en amont avec les habitants autour des espaces communs ?

D’avoir de vrais usages, c’est-à-dire de ne pas laisser ces lieux devenir des endroits qui génèrent des charges sans usage ou des espaces de conflit. Je suis très critique vis-à-vis des écoquartiers où, par exemple, on impose un (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne