Dans
le maquis corse, Amelia Tavella livre un groupe scolaire qui pouvait
difficilement échapper à la présence d’un paysage qui s’impose par l’étendue de
son vaste horizon. Reposant sur un système constructif en bois, le bâtiment
cherche à offrir un cadre propice aux apprentissages en s’ouvrant sur
l’extérieur.
Quand il s’agit de construire une école, il y a des sites plus inspirants que d’autres. À une trentaine de kilomètres d’Ajaccio, le groupe scolaire réalisé par Amelia Tavella prend place en plein maquis sur les hauteurs de Santa-Maria-Siché. Les vues sur la montagne y sont saisissantes, la nature est bien plus qu’une toile de fond. C’est donc avec déférence que le bâtiment s’installe de plain-pied sur un terrain vierge encadré par deux chênes centenaires qui ont guidé l’implantation des volumes. « La nature est à la fois intacte et invasive. Il fallait s’y insérer sans la modifier et en dompter aussi la sauvagerie puisqu’il s’agit d’une école et que la nature ne doit pas être une ennemie pour les enfants », explique l’architecte corse, originaire d’une commune voisine.
Un volume parallélépipédique
flanqué de deux excroissances abrite le programme : quatre classes (trois
élémentaires et une maternelle), une salle de motricité et un réfectoire pour
80 élèves. Les trois classes élémentaires et le réfectoire sont juxtaposés dans
le volume principal, de part et d’autre du hall d’entrée. Au sud, un premier
volume en pierre abrite la classe maternelle et son dortoir, tandis qu’au nord
le second regroupe les différents bureaux et locaux connexes. Le premier chêne
marque l’entrée de l’école située au sud tandis que le deuxième se trouve au
milieu de la cour au nord-est. Assumant « une culture de l’esthétisme pratiquée
comme une sorte de politesse », Amelia Tavella a conçu un lieu de vie dont le fil
conducteur est la beauté environnante qu’il s’agissait de restituer aux enfants
sans verser dans la démonstration. De larges baies coulissantes ouvrent
largement sur l’extérieur, prolongeant l’espace des classes.
Le choix du bois s’est
logiquement imposé dans ce paysage. L’enveloppe porteuse est un complexe de
panneaux bois posé sur ossature bois avec isolant en laine de roche. Les
façades sont habillées d’un bardage vertical à claire-voie (pin rectifié) en
partie haute et d’un bardage horizontal (pin Douglas) en partie basse. Des
pierres d’anciennes bâtisses ont été retaillées et ici réutilisées pour le
volume de l’entrée. Une attention particulière a été portée à la toiture, tant
celle-ci est visible en différents points du paysage. Le volume principal est
couvert par une surtoiture ventilée offrant deux versants à pente douce. Des
tasseaux posés sur ossature bois prolongent l’expression globale de
l’enveloppe, tandis que les couvertures des deux volumes secondaires sont
traitées en toitures-terrasses.


