Au
cœur d’un projet urbain ambitieux pour la ville de Clichy-la-Garenne, Jean de
Giacinto et Muoto livrent un équipement public moteur de cette transformation :
le groupe scolaire Gustave-Eiffel. Assumant une écriture expressive, le
bâtiment entre en dialogue avec le parc de la ZAC grâce à une végétalisation
des toitures qui façonne l’identité de l’école
Il faut d’abord prendre la mesure du projet urbain d’envergure dans lequel ce groupe scolaire s’inscrit à Clichy-la-Garenne pour en comprendre les enjeux. En bord de Seine, la requalification du quartier du Bac d’Asnières, ancienne friche industrielle, affiche toutes les ambitions convenues de n’importe quel écoquartier, à ceci près qu’elle concerne un cinquième du territoire de la ville. Longtemps enclavé, délaissé et mal équipé, il est aujourd’hui transformé par Obras (Frédéric Bonnet) et s’articule autour du parc des Impressionnistes, 5 hectares conçus par l’agence HYL. Près de 2700 habitants sont attendus à terme dans ce quartier qui mêle classiquement des logements, des commerces, des activités et des équipements publics, dont le groupe scolaire Gustave-Eiffel, coréalisé par Jean de Giacinto et Muoto et situé face au parc urbain qui fixe l’altimétrie du projet.
Au préalable, les architectes
se sont attaqués à la topographie. Le terrain de 100 mètres de longueur a été
creusé, surélevé et mis en terrasse pour recevoir le bâtiment. Semi-enterré, le
projet mise sur une morphologie introvertie. Le groupe scolaire prend la forme
d’un volume compact percé de deux patios qui reçoivent les cours de récréation
protégées des regards. Côté rue, c’est l’ouverture sur la ville qui prime avec
une peau vitrée alternant transparence et translucidité. Les deux écoles
fonctionnent de façon distincte. L’entrée de la maternelle se situe en partie
basse, au nord de la parcelle. Donnant accès à l’élémentaire, la seconde entrée
est située 3,30 mètres plus haut, à l’ouest, face au parc. Le groupe scolaire
comprend 14 classes maternelles et élémentaires réparties autour des deux
patios, tout comme les espaces de la vie collective. Au-delà de sa vocation
première d’enseignement, le groupe scolaire Gustave-Eiffel est envisagé comme
un outil pédagogique en soi, participant à l’éveil des sens et à la découverte
architecturale des élèves.
Rationnel, le système
constructif repose sur une structure en portiques en béton armé, alignés tous
les 3,80 mètres, qui dessinent la volumétrie générale aux accents brutalistes,
avec des façades vitrées donnant sur les cours qui s’inclinent. Mais ce qui
fait la réelle singularité de ce groupe scolaire, c’est le traitement du toit.
Établissant le dialogue avec le parc, complétant la nappe végétale du site, la
couverture est entièrement végétalisée : en gazon à pousse lente pour une
majeure partie de la surface de toiture et de la pelouse synthétique épousant
les émergences aux pentes abruptes. Un dispositif qui confère également une
bonne inertie thermique au bâtiment. Accessible, un jardin pédagogique permet
aux enfants d’éprouver la hauteur et les vues.


