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La question de la commande privée dans le logement est devenue un sujet d’inquiétude qui occupe les conversations entre architectes. Le ton y est morose et nostalgique. Ils ont aimé travailler pour la maîtrise d’ouvrage publique, apprécié la transparence de ses règles, et doivent désormais composer avec des promoteurs qui les brident dans leur métier et paupérisent leurs agences. Le champ de la conception tend à s’étriquer et l’exigence architecturale à s’amoindrir ; le chantier leur est confisqué, sans parler des honoraires qui ne sont pas à la mesure de la matière grise que requiert ce programme considéré comme l’un des plus complexes.
Les promoteurs formeraient-ils un bloc monolithique à vouer aux gémonies ? La réalité est heureusement plus nuancée. Les échanges menés au cours de cette enquête montrent que tout serait une question de personnes, d’affinités et de bons mariages entre acteurs mais aussi de contexte et de volonté politique. Car les territoires ne font pas jeu égal, et la loi du marché donne aux villes attractives un réel atout : celui d’encadrer la commande privée en posant des conditions et en stimulant les innovations typologiques.