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Groupe scolaire Paul-Bayrou à Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne)

Perché sur un talus, ce groupe scolaire déploie ses cinq classes en belvédère au-dessus du bourg de Saint-Antonin-Noble-Val. S’il reprend l’échelle du bâti médiéval et ses toitures à deux pentes en tuile canal, il offre une image contemporaine des matériaux traditionnels : bois, pierre et terre crue. Sa cour de récréation, ouverte au sud vers le paysage, est protégée des vents dominants de sud-ouest. Elle est calée par deux constructions de plain-pied reliées par un large préau formant porche d’entrée : l’école maternelle, orientée est-ouest, et le centre périscolaire, orienté nord-sud.

Des matériaux écologiques et locaux

Les tons chauds du bardage et des menuiseries en châtaignier, provenant d’un proche massif forestier, s’harmonisent avec le calcaire du mur de soutènement, partiellement construit avec des pierres de taille récupérées sur le site. À l’intérieur, les circulations sont rythmées par l’alternance de panneaux en hêtre et de murs trumeaux en terre crue. L’architecte Matthieu Fuchs souligne leur forte identité : « Je suis toujours frappé de constater à quel point les enfants sont respectueux de la matière, et j’aime à penser qu’elle participe au développement de leur curiosité. » 

Le mur central en terre coulée assure une fonction porteuse tout en apportant de l’inertie et une régulation de l’humidité. Le mélange, injecté entre deux banches, a été préparé à partir de déchets de carrière, avec 3 % de ciment pour faciliter le décoffrage. La structure porteuse périphérique et la charpente sont en résineux. L’enveloppe très performante combine trois isolants biosourcés : fibre de bois derrière le bardage ; ouate de cellulose (issue de vieux journaux) entre les montants des murs et les pannes de la toiture ; Métisse (fabriqué à partir de textiles en coton usagés) pour les cloisons et plafonds acoustiques. Ces produits en fibres naturelles, choisis en pensant à la santé des enfants, apportent une réponse frugale à base de matières premières renouvelables ou recyclées. Bois, pierre et terre sont issus d’une production locale, et leur mise en œuvre a valorisé le travail de l’artisan au service de la modernité.

 

Une école à énergie positive

Tout a été fait pour simplifier les installations techniques. De petites stations de ventilation à double flux avec récupération de chaleur dans chaque salle de classe ont donc été préférées à une grosse centrale de traitement d’air. Pour le confort d’été, ouvrants en façade et exutoire en toiture permettent la ventilation nocturne. Les 170 m2 de panneaux solaires posés sur les tuiles garantissent l’autonomie de l’école en eau chaude sanitaire et en électricité. Par ailleurs, la collaboration avec le paysagiste-conseil de l’État a permis de préserver les grands platanes et a favorisé la biodiversité des espaces verts. Une partie des eaux de pluie, qui sont recueillies dans des noues paysagères, alimente une citerne pour l’arrosage du jardin pédagogique. Autant de solutions qui permettront à la municipalité de maîtriser sur le long terme les dépenses de fonctionnement et d’entretien d’une école dont l’architecture prépare les élèves à la transition écologique.

 

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