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Maîtres d'ouvrages : Paris Habitat OPH
Maîtres d'oeuvres : Charles-Henri Tachon, architecte mandataire avec Julien Colom

BET : ALTO Ingénierie (fluides), EVP Ingénierie (structure)

Économiste : VPEAS

SPS : Présents

Bureau de contrôle : Risk Control

Certifications : Plan Climat Paris, H&E, Qualitel

Surface SHON : 1 640 m2 SDP

Coût : 3 131 000 euros HT
Date de livraison : septembre 2019 

Deux projets de logements récemment livrés à Paris par Charles-Henri Tachon nous invitent à en regarder attentivement les dessins : en plans comme en façade, ils investissent le travail géométrique comme la matrice première de toute architecture de l’habitation.


L’énoncé de ce deuxième projet confié à Charles-Henri Tachon est tout autre. Inséré dans la ZAC qui transforme en logements l’ancienne caserne de Reuilly, dans le 12e arrondissement, son gabarit extérieur était prédéfini par les architectes urbanistes de l’agence h2o. Au seuil de l’ancienne place d’armes devenue square, et dépourvu de tout mitoyen, il constitue une sorte de nouveau pavillon d’entrée, à l’articulation entre la rue de Chaligny et le cœur de l’îlot. L’occasion est rare à Paris de travailler sur ce type de gabarit en plot – peu épais et à plan carré – bénéficiant de quatre orientations ; aussi fallait-il s’en saisir depuis l’intérieur, comme depuis l’extérieur.

La façade, avec ses ouvertures et ses vues, sert ainsi de fil (rouge !) pour déployer une distribution intérieure en enfilade de pièce en pièce. Un hommage aux dispositifs haussmanniens permis par l’assentiment de la maîtrise d’ouvrage à sortir des conventions habituelles du logement social.

Les couloirs sont ainsi réduits au minimum : chaque pièce dispose d’une double entrée et l’une des chambres est aussi commandée par la cuisine. Cette disposition, qui décuple la sensation d’espace et de profondeur lorsque toutes les portes coulissantes sont ouvertes, est amplifiée par le statut des pièces extérieures dévolues aux loggias sur rue au sud-ouest. À l’est, des ouvertures biaises en oriels permettent d’échapper aux contraintes du prospect sur les vues principales.

 

Le réglage patient du dessin

La lecture des plans de ces logements procure un plaisir aussi communicatif qu’il est devenu rare : celui du réglage patient et généreux du dessin, de l’ajustement des géométries entre elles, de l’attention aux alignements et aux épaisseurs, qui fonde l’ontologie de l’architecture et peut-être son éthique lorsqu’elle porte sur le logement social.

D’un autre ordre, le dessin des façades est tout aussi subtil : une grille structurelle régulière de béton, dont la géométrie est enrichie de la variation des nus qui régissent ses lignes horizontales (débords, bandeaux) et verticales (trumeaux, remplissages).

La teinture en rouge du béton dans sa masse affirme l’autonomie de ce bâtiment au regard de la grande composition dans laquelle il prend place, tout en rendant hommage à l’éclectisme ordinaire d’un paysage dont il est désormais partie prenante.

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