L’édifice hospitalier est
souvent considéré comme un objet architectural à part, un lieu où les questions
d’architecture ne se posent pas de la même manière que pour d’autres
programmes. Son échelle monumentale, la surdétermination de la fonction
hospitalière sur la forme, l’omniprésence des technologies, son intégration
problématique à la ville : tous ces paramètres empêcheraient de penser
l’hôpital comme l’on pense un musée, un ensemble de bureaux ou de logements, et
surtout le condamneraient à l’immobilité. Il semble que l’hôpital – réintroduit
brutalement dans nos champs de vision par la pandémie de la Covid-19, et devenu
pendant plusieurs mois le centre névralgique de nos territoires, cristallisant
toutes les attentions et agitations – absorbe au contraire l’ensemble des
mutations de la société, ses crises comme ses évolutions. Bouleversé par les
nouvelles technologies et la révolution numérique, mû par l’urgence climatique,
bousculé par une culture du soin qui se cherche une nouvelle nature, mais aussi
lié à une longue tradition et histoire de l’architecture hospitalière, il est
une matière à réflexion et même un sujet d’architecture particulièrement
sensible aux débats qui animent la profession. Quelles sont donc les nouvelles
directions données par les architectes du soin à ce navire à la coque parfois
trop stable et parfois trop peu durable, parfois trop inerte et parfois trop
peu passive?
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