Alors que la collection d’architecture du Centre Pompidou fêtera ses 30 ans en 2022, les quatre expositions de cet automne permettent de mesurer toute sa richesse. Elles sont, comme c’est souvent le cas pour les expositions d’architecture, réalisées uniquement à partir des collections du musée. Surtout, elles poursuivent l’ambition des conservateurs : montrer les liens entre l’architecture et les arts visuels, sans pour autant prétendre qu’elle en est un. En ce sens, les salles dédiées à Paul Nelson, Carlos Raúl Villanueva et Le Corbusier en sont le parfait exemple. Les trois architectes modernes ayant tous, au cours de leurs carrières, appelé à une synthèse des arts majeurs.
Le Corbusier : sa production intensive et son aura internationale
attirent à chaque apparition son lot de visiteurs. Cette année, l’accrochage
présente une anthologie des projets de l’architecte, réalisée en partenariat
avec la Fondation Le Corbusier ; une chrestomathie incluant la Cité
radieuse, Le Modulor, Notre-Dame de Ronchamp ou Ubu IV.
Il s’agit tant d’œuvres picturales qu’architecturales afin de ne plus
considérer Le Corbusier comme un simple architecte moderniste mais comme
un artiste total, en même temps peintre, sculpteur, architecte, dessinateur,
constructeur, acousticien. Ses projets deviennent des œuvres d’art totales (Gesamtkunstwerk) : Le Modulor main
levée est à la fois une œuvre picturale et architecturale tandis
que Notre-Dame de Ronchamp hybride architecture, peinture et sculpture. (...)
(...)