Maîtrise d’œuvre : Canal architecture ; Khephren (structure) ; Espace Temps
(fluides) ; Itac (acoustique) ; Valériane Mondot (expertise street
art) ; D’ici là (paysage)
Maîtrise d’ouvrage : RIVP
Programme : Transformation de 8 200 m2 de bureaux en
169 logements étudiants
Entreprise générale : GTM Bâtiment – Vinci Construction France
Surface : 8 186 m2
Coût : 14 millions d’euros HT (1 700 euros HT/m2)
Livraison : 2019
Depuis le début des
années 1980,
Canal se passionne pour la transformation des situations construites. Dans le 19e arrondissement de Paris, l’agence s’est attelée à un vaisseau
brutaliste cosigné par Claude Parent et André Remondet qui, en dépit de son apparente
massivité, présentait tous les atouts d’une possible mutation. Au-delà du changement d’affectation était en jeu la préservation d’un patrimoine architectural. La question de l’acoustique s’est révélée cruciale dans cette opération, tutoyant parfois l’absurde, comme cela se produit régulièrement face aux bureaux devenant
logements.
Cette réalisation est la suite
du dossier « Transformer
les bureaux en logements ».
On avait fini par ne même plus le remarquer. À l’origine de cette commande
figure un bâtiment cosigné par Claude Parent et André Remondet, livré en 1974,
qui s’était abîmé au fil des années. Transformer le patrimoine ordinaire est
une chose, s’attaquer à un édifice à la qualité architecturale admise, même
obsolète, en est une autre. En mauvais état, le bâtiment fut acquis par la RIVP
en 2015 et transformé par l’atelier Canal architecture, fervent défenseur de la
réversibilité des bâtiments. Il s’agit de transformer les lieux en une
résidence pour étudiants et jeunes actifs, un programme proposant des surfaces
de logements de 18 à 21 m2, compatibles avec la trame
structurelle des bureaux. Le bâtiment qui était à l’origine le siège de la
DRASS (Direction régionale des affaires sanitaires et sociales) fut par la
suite occupé par un squat d’artistes de 2010 à 2013, ces derniers entrevoyant
cet édifice brutaliste comme un terrain de jeux particulièrement approprié.
L’opération du 58-66 rue de Mouzaïa est un des premiers projets à avoir pu
bénéficier de la loi Duflot, destinée à produire des logements sociaux à partir
de sites appartenant à l’État.
Cette transformation s’appuie sur la rationalité constructive du bâtiment existant qui, quatre décennies plus tard, a permis cette mutation. (...)
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