Concepteur de nombreux ouvrages aéroportuaires dans le monde entier, auteur du Centre national des arts du spectacle de Pékin et de monuments à travers la Chine, l’architecte Paul Andreu nous a quittés il y a maintenant trois ans. Et pourtant, parmi les ingénieux systèmes structurels qu’il a imaginés, certains nous parviennent encore en héritage, grâce au bureau d’études T/E/S/S, qui continue à les calculer, à les développer et à les mettre en œuvre. Blotti sur les flancs morvandiaux du mont Beuvray, le Centre archéologique de Bibracte entretient la mémoire de ces inventions. En 2009, une structure en acier avait été imaginée pour protéger des fouilles archéologiques, sans abîmer le sol. Une nouvelle version de l’auvent, optimisée et agrandie, vient aujourd’hui protéger une villa romaine de 1 500 m2.
Protéger des vestiges et des fouilles archéologiques est un exercice d’architecture à part, en ceci qu’il rend impossible d’y creuser des points d’appui dans le sol, au risque de l’altérer. Les structures qui les enjambent, souvent en acier pour être démontables, sont également des objets d’ingénierie tout-terrain, flottants et presque hors sol, comme ceux imaginés par Paul Andreu et le bureau d’études T/E/S/S. En 2003, le ministère de la Culture et le site archéologique de Bibracte lancent un concours pour un prototype de couverture temporaire duplicable et extensible, adaptable à n’importe quel site. Ces auvents devaient abriter autant les archéologues pendant les fouilles que les visiteurs témoins de leurs découvertes. Bibracte étant situé sur un massif granitique et boisé de petite montagne, il fallait imaginer une structure avec des portées de plus de 30 mètres, capable de résister aux caprices de la météo. Enfin, les conditions d’accès au site imposaient d’utiliser de petits éléments de constructions, faciles et légers à échafauder par des entreprises peu familières de ce type de projet. (...)
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