La construction d'une salle
philharmonique au bord du périphérique, dans le 19e arrondissement
populaire de Paris, est un geste fort dans la capitale. Pourtant, sa
réalisation paraît échapper au politique. Son mode de financement
est une première : l'État, la Ville de Paris et la Région
Île-de-France se partagent le budget (45 %, 45 %, 10 %). L'opération
se fait hors loi MOP. La maîtrise d'ouvrage a un visage pour le
moins particulier. Les tutelles en ont confié la responsabilité à
la Philharmonie de Paris, une association loi de 1901 qui devrait
passer en 2014 à une forme d'établissement public.
Les tutelles, comme
dépossédées de leur commande et de leur contrôle, voient leur
rôle réduit à celui d'un simple bailleur de fonds. D'ailleurs, on
ne parle que de ça, du budget. Et de ses dérives préoccupantes
dont l'architecte, la Ville de Paris, et l'Élysée seraient tour à
tour rendues responsables. D'un gouvernement à l'autre, dans
la fureur des municipales, empêtrées dans des
questions budgétaires, les tutelles se cachent. Leur
désengagement laisse trois hommes sur le devant de la scène.