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  • Où est passé le chef de gare?

    Anciennes cathédrales de l'industrie, les gares, un temps détrônées par l'automobile, se réincarnent en nouveaux temples de la mobilité. Connectée à tous les modes de déplacement, la gare contemporaine voit de fait son territoire élargi. Mais sa cohésion spatiale souffre d'une absence de gouvernance commune. 

  • Penser l'espace public à travers les lieux de grande affluence

    Malgré la valeur éminente octroyée à l'espace public dans la ville contemporaine, les lieux les plus massivement fréquentés paraissent désertés par la réflexion urbanistique. En Île-de-France, des sites comme la tour Eiffel ou les grandes gares urbaines en témoignent. La création récente d'un établissement public exclusivement dédié à l'espace public de la Défense illustre l'ampleur des défis à relever. 
  • Pôle des arts, île de Nantes

    À Nantes, l'hétérogénéité architecturale élabore un récit paysager qui renvoie à l'histoire chaotique du site. Qu'importe si les architectes ne manquent pas d'y reproduire, avec plus ou moins de talent ou de fantaisie, les poncifs stylistiques puisés dans les revues d'architecture. Au milieu de cet amusant catalogue, deux édifices semblent refuser de se prêter au jeu du défilé des collections printemps/été : le parc de stationnement dessiné par Barto & Barto et, jouxtant ce grand squelette métallique, le Pôle des arts, première réalisation de l'architecte Marceau Lépinay. Ce vaste quadrilatère, qui emprunte les teintes sablonneuses des limons de la Loire, abrite en réalité deux écoles, la section Arts graphiques du lycée de la Joliverie et l'École des métiers de l'imprimerie. L'une relève de l'enseignement professionnel, l'autre de la formation professionnelle. Appartenant donc à des cultures différentes, chacune souhaitait conserver son indépendance avec des entrées et des périodes d'ouverture propres. Seuls l'auditorium, la bibliothèque et la
    restauration sont partagés. Le rapport entre la surface du terrain et le programme imposait une contrainte de densité extrêmement forte. L'ensemble se présente comme une seule entité : un socle d'où émergent, comme depuis la coque d'un navire marchand, les châteaux de superstructure. En réalité, une équerre (le lycée) et une tour (l'EMI). À l'extérieur, l'unité se constitue depuis les quatre rues périphériques qui délimitent une enceinte enveloppant l'îlot. À l'intérieur, elle se construit autour du vide des deux cours : un premier patio au rez-de-chaussée met en relation les deux halls d'entrée. Deux niveaux plus haut, une vaste cour de récréation se laisse deviner ; on y accède par un grand escalier qui se déplie depuis le sol pavé de la première. À la massivité du bâtiment, le vide de la cour haute offre un heureux contrepoint. Elle cadre de larges vues sur le paysage de l'île, notamment vers Rezé et l'unité d'habitation de Le Corbusier. Côté ouest, la façade est dédoublée dans les trois derniers niveaux. Un système de portiques, comme un grand claustra de béton, protège les salles de cours du soleil.
    Le biais des éléments porteurs verticaux est recouvert de peinture or. Le soleil du Sud s'y réfléchit en autant d'éclats tranchant sur le gris mat du bâtiment.
    La compacité du programme et la minéralité monochrome des façades peuvent conférer à cet îlot une certaine sévérité, mais la virtuosité de l'architecte dans l'art de composer les volumes l'affranchit de cette austérité. Elle le porte vers un expressionnisme sculptural qui renvoie subtilement à l'histoire industrielle et maritime du lieu. Ce sens de la composition est servi par une maîtrise des articulations tectoniques d'autant
    plus remarquable que l'architecte a dû entièrement redessiner ses assemblages, jointures et affleurements, lorsqu'il a fallu abandonner la conception de béton coulé en place pour celle de prémurs.
    Le bâtiment devait être en effet en béton brut coulé en place, mais l'entreprise a suggéré pour l'enveloppe extérieure un système de prémurs préfabriqués et isolants, un procédé qui présente l'avantage de réduire la durée du chantier. Habituellement plus onéreuse, cette solution a cependant été proposée sans surcoût : en
    période de récession de la commande, l'usine étrennait sa chaîne de fabrication toute neuve et ne pouvait se permettre de la laisser inactive. Contrepartie : l'opération a essuyé les plâtres (enfin, ici plutôt le ciment !) de la mise au point. Des traces de carbonatation sont en effet immédiatement apparues sur la surface des prémurs et il a fallu peindre la plupart des éléments. La logique de plaques de cette technique, d'une grande efficacité dans les surfaces, est très contraignante pour tous les angles et les noues. C'est seulement lors de la conception des détails, en anticipant comme ici sur la place donnée aux relevés d'étanchéité, acrotères ou limons d'escalier, que les difficultés d'assemblage peuvent être évitées. Et c'est avec cette rigueur que les rencontres entre plans verticaux et horizontaux ou matériaux dissemblables peuvent devenir les sèmes déterminants de la cohérence rhétorique de l'ensemble.


    Maîtres d'ouvrages :   Ogec La Joliverie, Afiig 
    Maîtres d'oeuvres :   Lépinay Chabenès & Scott architectes associés. Bureau d'architecture Marceau Lépinay 
    Entreprises :   Isateg ; économiste, ECB    
    Surface SHON :   11 014 m2    
    Cout :   11,9 millions d'euros HT 
    Date de livraison : études, septembre 2007-novembre 2008 ; travaux, février 2009-août 2010

  • Rafael Moneo, la critique comme création

    Les architectes ont-ils encore quelque chose à dire ? En France comme à l'étranger, la question se pose au vu des innombrables portfolios sans substance qui encombrent les librairies. La publication récente d'une somme théorique, historique et critique par l'architecte madrilène Rafael Moneo nous encourage pourtant à ne pas désespérer d'une profession qui, pour être libérale, n'en demeure pas moins intellectuelle. Au risque de froisser quelques susceptibilités et d'écorner l'un des mythes auxquels ils aiment se raccrocher, il faut reconnaître que la plupart des architectes praticiens semblent avoir renoncé à penser l'architecture, trop occupés peut-être qu'ils sont à en faire. En France comme ailleurs, le milieu professionnel, mais aussi académique, admet d'ailleurs des critères de distinction qui font systématiquement primer l'action sur la réflexion. Est un grand architecte aujourd'hui celui qui allie l'audace de l'artiste à l'énergie de l'entrepreneur ; en atteste par exemple la starisation à l'international d'un Daniel Libeskind ou d'un Bjarke Ingels et, à l'échelle plus locale, d'un Rudy Ricciotti.

  • Résidence Outrebon, logements locatifs à Béthune

    Maîtres d'ouvrages :  Pas-de-Calais Habitat

    Maîtres d'oeuvres : Frédéric Borel, assisté de Kenta Yokoo, chef de Projet, et Frédéric Bataillard

    Entreprises :  Norpac (MM. Gradel, Ollivier, Gorisse)

    Surface SHON :  3 700 m2 Shab ; 5 800 m2 Shob
    Cout :  7 millions d'euros HT
    Date de livraison : mars 2011


  • Robbrecht & Daem : une architecture qui se questionne

    Jusqu'au 23 octobre, Arc en Rêve accueille dans les galeries du CAPC de Bordeaux (Centre d'Arts Plastiques Contemporains) une exposition consacrée au travail des belges Paul Robbrecht et Hilde Daem, qui depuis presque trente ans construisent dans leur pays, mais aussi en France ou en Angleterre. Passée par Bruxelles, Londres et Johannesburg, cette exposition née de la collaboration entre Bozar Architecture et l'agence retrace la production des deux architectes et témoigne de leur questionnement sur le rapport qu'entretiennent l'art et l'architecture. Six projets sont présentés en détails à travers six films réalisés par Vandee Abeele. Photographe de spectacles de danse, il est  notamment reconnu pour son travail avec Pina Baush. L'œuvre filmée devient ici le medium de transmission et de représentation de l'architecture et permet ainsi de rendre compte du mouvement, c'est à dire de la vie et de la réception des bâtiments. Ce choix révèle une prise de position sur les limites du dessin à rendre compte de leur travail une fois le bâtiment livré. Epinglés sur les tables en bois noir qui font face aux projections, ils sont mis en relation avec les films et instaurent ainsi un dialogue entre deux temps du projet, la conception et la réception. Entre les salles, les bandes sonores se superposent, étoffant les liens tissés par les architectes entre leurs différents projets. Dans les documents graphiques sont notamment évoqués la rénovation de la Whitechapel Gallery à Londres, ou le concours pour la construction des archives de Bordeaux.Parmi les projets se cotoient aussi bien une salle de concerts à Bruges, ville-musée, qu'un cabanon dans la forêt, habitat rudimentaire mais complexe : l'assemblage décalé des poutres qui le constituent est très élaboré.

    Robbrecht & Daem sont aujourd'hui sur le point de livrer à Pomerol un chai à Château-le-Pin, à deux pas du château Cheval Blanc et du réfectoire d'Herzog & De Meuron. Situé sur une petite exploitation de 2,5 Ha, le chai est posé au milieu d'un paysage plat, entouré de vignes. « Pour vivre heureux, vivons cachés » lance l'architecte : le chai, à l'ombre des deux pins emblématiques du domaine, est construit très bas. L'effet recherché est de s'insérer le plus discrètement possible dans le site. L'environnement est religieusement préservé : pas un arbre coupé, pas un pied de vigne arraché.Le visiteur peut alors constater une vraie diversité dans les projets réalisés, que Robbrecht & Daem cultivent dans un esprit d'expérimentation, afin d'ouvrir de « nouveaux chemins », ce dont cette exposition rend intelligemment compte.

     

    Exposition : Pacing through Architecture

    Arc en rêve centre d'architecture de Bordeaux, Entrepôt 7 rue Ferrère F-33000 Bordeaux

    Du 23 juillet au 23 octobre 2011

  • Séchage express

    Sèche-mains à flux laminaire silencieux. Évite le recours aux serviettes en papier. L'insertion des mains déclenche la soufflerie, le séchage prend moins de dix secondes. Niveau sonore réduit (55-59 dB).

    Produit : Hand Dry.
    Fabricant : TOTO.
    Prix HT : 1 500 euros.