Face à la crise, à la complexité technique et réglementaire croissante des bâtiments et à la judiciarisation des affaires, bien évaluer le coût des projets devient plus que jamais crucial. Les architectes y sont de plus en plus attentifs et les économistes de la construction jouent ici un rôle clé.
Le 23 janvier 2006, suite à requête d’Alain Sarfati, le tribunal administratif de Versailles annulait l’attribution du marché de maîtrise d’œuvre d’un complexe multiactivité au nom de l’égalité des candidats en raison de « modifications substantielles » apportées au projet lauréat, qui dépassait « de plus de 33 % le budget du maître de l’ouvrage quand le respect de l’enveloppe financière est un critère réglementaire important dans un concours ». Pénalisante pour l’architecte du projet et pour la ville du Vésinet, maître de l’ouvrage, cette situation démontre l’importance de la juste estimation d’un projet. La tendance a pourtant longtemps consisté à sous-évaluer les budgets pour lancer les opérations avant d’en compléter le financement.
Quand la raréfaction de
l’argent pousse désormais à la vertu, rejeter la responsabilité
des dépassements d’honoraires sur les architectes est fréquent,
mais facile. C’est oublier qu’ils jouent un rôle décisif dans
les arbitrages économiques quand un dialogue de compétences existe
entre eux et les maîtres d’ouvrage et que les projets mal budgétés
par des commanditaires peu conscients des enjeux perdurent. (...)