Si l’on se fie aux catalogues des fabricants de mobilier, le monde du travail n’en finit pas de s’adoucir. Aller au bureau ne doit plus être synonyme de torture, les plateaux tertiaires se doivent d’adopter une ambiance feutrée, d’instiller un climat de décontraction dont on réalise in fine qu’il améliore la productivité. Symbole de cette évolution des mœurs, la cabine de sieste, entre capsule et isolation sensorielles, accueillant les salariés le temps d’un petit somme. Ailleurs, les mousses revêtues de tissus colorés, les fauteuils ou les sièges assouplissant la rigidité des postures
jugées sérieuses contribuent peut-être à tempérer la brutalité des échanges. Un des paradoxes du mobilier de bureau est qu’il doit aussi corriger des partis pris d’aménagement privilégiant l’optimisation foncière au détriment des conditions de travail. L’open space peut sans doute contribuer à resserrer les liens entre les équipes (...)