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Italophilie et dessins d'architecture au centre Georges-Pompidou.

Mouvement architectural le plus important de la seconde moitié du XX
e siècle, la Tendenza n'en reste pas moins étonnamment mal connue. La confusion avec le postmodernisme a contribué à rendre son discours difficilement compréhensible. Intellectuels, ses protagonistes étaient également d'extraordinaires dessinateurs. Le centre Pompidou les met aujourd'hui opportunément en valeur grâce à sa magnifique collection de dessins, mais sans pour autant nous aider à mieux cerner les enjeux qui furent ceux de la Tendenza. Dans le souvenir déjà flou des italophiles post-68, la Tendenza était une brève floraison de bâtiments (l'unité d'habitation du Gallaratese, le cimetière de Modène, le théâtre du Monde, Vassivière), ultra-minoritaire par rapport à la production italienne courante des années de plomb. C'était également une effervescence intellectuelle portée par de nombreux articles structuralo-marxistes dans des revues confidentielles (Contropiano, Controspazio, Casabella), réunis en livres assez peu lus, souvent mal traduits en français et rarement compris : Archittetura della citta de Rossi en 1966, Costruzione logica dell'archittetura de Grassi en 1967, Teorie e storia dell'architettura de Tafuri en 1968. Elle coïncidait avec un renouvellement du rendu, le dernier avant l'avènement de l'ordinateur et la dictature des perspectives de promoteur, qui brouillait la frontière entre peinture, architecture et design (Cantafora, Rossi). Reconnaissable entre toutes par sa perspective hésitante et son graphisme charbonneux, l'œuvre de Rossi était dangereusement proche de celle d'un autre « réaliste » de l'époque, Bernard Buffet. La Tendenza était donc une aventure construite, culturelle et « mentale », fondée sur l'engagement de ses membres, leurs textes et leurs cours, leurs milliers de dessins, leurs dizaines de maquettes de bois ou de carton.

Lisez la suite de cet article dans : N°211 - Septembre 2012
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