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Hélène Jannière, qui est architecte et historienne de l’architecture, vient de publier un passionnant ouvrage sur la critique d’architecture, fruit d’années de recherches menées au sein des écoles nationales et à l’université de Rennes. Loin d’être réservé aux spécialistes, Critique et architecture, un état des lieux contemporain éclaire les enjeux d’une activité qui concoure à la production d’une architecture de qualité et devrait donc passionner les architectes.

D’a : Votre ouvrage se présente comme un état des lieux contemporain de la critique d’architecture, une activité dont les enjeux et les modalités restent mal connus du grand public et des architectes. Pour commencer, pouvez-vous nous dire ce qu’est la critique ?

Il n’y a pas de réponse simple à cette question. Tout dépend du milieu et de l’aire culturelle. En France, l’idée qu’on se fait de la critique est souvent liée à la tradition de la critique d’art – même si le monde architectural tend à récuser toute parenté avec celle-ci. On pense au commentaire, à l’évaluation des œuvres, à une forme à la fois de médiation et d’interprétation. On imagine une pratique, et non un texte de portée nécessairement théorique ou historique, comme c’est généralement le cas en Italie, par exemple. Aux États-Unis, l’expression architectural criticism peut recouvrir la plupart des discours théoriques, développés notamment depuis les années 1970 dans les milieux universitaires et leurs revues. Le périmètre est alors très large. Il est donc difficile de donner une définition univoque de la critique. À travers mes différentes recherches, je me suis ainsi intéressée à une pluralité d’acteurs, de supports de diffusion, d’institutions et de cénacles dans lesquels se développe la critique . Il y a des formes majeures et mineures de la critique, parfois pratiquées par les mêmes auteurs, et toutes méritent qu’on s’y intéresse. (...) (...)

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