On
connaît surtout de Ponti le gratte-ciel Pirelli de Milan (1956-1960), la villa
Planchart à Caracas (19531957) et la chaise Superleggera pour Cassina (1957). À
découvrir jusqu’au 10 février au musée des Arts décoratifs, l’exposition «
Tutto Ponti, Gio Ponti archi-designer » – des commissaires Sophie
Bouilhet-Dumas, Dominique Forest et Salvatore Licitra – a avant tout le mérite
de combler un vide : il s’agit là de la première rétrospective consacrée en
France à Giovanni (dit Gio) Ponti (Milan, 1891-1979). Céramiques, verreries,
mobilier, scénographies, revues, architectures : la muséographie met en scène
la nature polyédrique d’un architecte capable de concevoir « de la petite
cuillère à la ville », selon la célèbre formule d’Ernesto Nathan Rogers.
Si les œuvres de Ponti citées en ouverture
constituent des icônes mondialement reconnues, la plus grande partie de sa
production, notamment architecturale, tant en Italie que dans le reste du
monde, demeure assez méconnue en France. L’architecte milanais n’a d’ailleurs
réalisé qu’une seule œuvre dans l’Hexagone, au tout début de sa carrière : la
villa Bouilhet, également appelée « L’Ange volant », construite à Garches en
1926 sur commande de Tony Bouilhet, patron de l’orfèvrerie Christofle. À peine
un an auparavant, Gio Ponti s’était imposé à l’Exposition internationale des
Arts décoratifs de 1925 en remportant le Grand Prix