Copyright : ©Louis Sciarli

Trois ans après la polémique qui a voulu faire de Le Corbusier un néo-nazi, les principaux acteurs de la kabbale remettent le couvert, avec les mêmes méthodes discutables : décontextualisation, citations tronquées, approximations voire déformations historiques, lectures partiales des faits, surinterprétations des écrits, sur fond de rancœur tenace contre Le Corbusier, en particulier, et contre l’architecture moderne, en général. Bien sûr, toute personne tempérant leurs accusations sera immédiatement taxée d’idolâtrie ou d’être à la solde de quelque secte corbusophile.

On se souvient que 2015, qui s’annonçait comme une année de célébrations à la gloire du Grand Architecte à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, tourna en annus horribilis pour la mémoire de Le Corbusier : trois livres revenaient sur son parcours, en se concentrant sur les années 1930 et 1940, insistant sur ses propos antisémites et totalitaires, sa proximité avec des personnalités notoirement fascistes, et les dix-huit mois qu’il a passés à Vichy. La presse généraliste, alléchée par l’odeur de charogne, s’empara avec énergie de cette « découverte ». Le point Godwin explosa, au point qu’un ancien ministre de l’Éducation nationale alla jusqu’à fustiger, dans un magazine supposé sérieux, un « nazillon de la pure espèce ». La rumeur battait son plein. À la faveur d’un bon mot, de « fada », Corbu était devenu « facho».


Ladite découverte n’en était pourtant pas une, puisque personne n’avait attendu ces héros en quête de « vérité » honteuse pour savoir que, contrairement à la quasi-totalité des Français (n’est-ce pas ?), Le Corbusier ne fut pas un grand résistant. Ni un homme clairvoyant et cohérent du point de vue de son (non)engagement politique. Mais encore moins un collaborateur(...) (...)

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