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Les jurys sont souvent l'occasion de débats passionnants dont les propos restent confinés au huis clos des délibérations. Le jury de la session 2014 des Albums des jeunes architectes et paysagistes était présidé par la paysagiste Jacqueline Osty et Marc Barani. L'architecte – dernier Grand Prix national d'architecture – y a défendu sa volonté d'imposer des critères de choix qui diffèrent des sessions précédentes: doit-on pousser les prétendants s'inscrivant dans la lignée des meilleurs professionnels exerçant aujourd'hui ou prendre le risque d'aider ceux qui défrichent d'autres territoires ?


Emmanuel Caille: Depuis sa reprise en 2002, la sélection des Albums a été une formidable rampe de lancement pour les équipes lauréates. Mais s'interroge-t-on sur ce qui est véritablement primé? Le discours officiel, bienveillant et optimiste, célèbre le « talent, le dynamisme et l'invention » dont la jeunesse porte forcément les valeurs. Ces critères restent finalement assez vagues et sujets à interprétation. Le jury de cette année a-t-il débattu de ces questions?


Marc Barani: Oui. Devait-on primer des équipes au talent professionnel prometteur, ayant déjà acquis un savoir-faire les désignant comme susceptibles de satisfaire un maître d'ouvrage ou plutôt des équipes aux démarches plus expérimentales ou poétiques, s'interrogeant sur des formes différentes d'exercice professionnel ou œuvrant dans des territoires marginaux de la commande architecturale? Je dois dire que c'est dans ce sens que la sélection a été faite


La liste des lauréats AJAP 2014