Copyright : ©Zoe Leonard

Quatre ans durant, l’artiste plasticienne et activiste Zoe Leonard a parcouru la partie du fleuve qui marque la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Citoyenne américaine, elle pouvait se déplacer d’un côté ou de l’autre du Rio Grande ou du Río Bravo, selon qu’il est nommé depuis un État ou l’autre. Elle a accumulé des centaines d’images documentant les tensions qui ont forgé un paysage à la fois naturel et fabriqué, par ailleurs inscrit dans les représentations de l’imaginaire et de l’actualité. Deux expositions et un catalogue ont présenté rigoureusement cet ensemble, qui les interroge autant qu’il instruit le regard.

Au plus près de son travail d’observation, l’arme de Zoe Leonard est un simple boîtier argentique chargé d’un rouleau 24 x 36 noir et blanc (sauf rares exceptions). Objectif 50 mm, au plus près du regard, sans distorsion de profondeur. Suit le choix des images sur des planches-contacts, une fois le film développé. Images horizontales (sauf exceptions). Puis le tirage papier, selon deux formats, l’un à peine supérieur à l’autre, et plus rarement employé. Chaque tirage est bordé d’un ourlet noir, qui témoigne de ce que l’image est entière, sans recadrage. Ce cadre marque la limite de ce qui est perçu par l’appareil, en excluant ce qui est au-delà en même temps qu’il souligne la fabrique du tableau, son contenu, sa composition, le point de vue retenu, la ligne d’horizon, la distance prise avec le sujet. (...) (...)

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