Une pancarte à la porte de son agence,
rue du faubourg Saint-Antoine, dirait peut-être l'essentiel :
« Gignoux, since 1980 ». C'est en artisan concepteur
qu'il façonne ses bâtiments (logements et équipements « pour
la République »), en assumant l'esprit d'une « marque
de fabrique » aux traits reconnaissables : de grands
volumes droits, des plans en L ou en U, des boîtes à lumière en
toiture, des matériaux bruts, un modèle unique de grille de
clôture, des golden windows avant et après la mode. On refait toujours le même film,
disait Truffaut. En architecture, systématiser certains éléments
de conception relèverait du tabou, sauf en quelques lieux
d'exception où la récurrence se revendique : refaire
puisqu'on y croit, parce que ça marche et pour mieux « tenir »
les projets sur le chantier. Chez Gignoux, chaque projet part
délibérément d'un fonds de dispositifs maîtrisables et de
standards dont le contexte modifie seulement les dimensions, la
position, l'articulation. Le système éprouvé (intrinsèquement
durable) est préféré à l'innovation, l'accumulation de
savoirs à la signature d'auteur. Une place naturelle revient de
plein droit à certaines conventions de la culture collective :
porches, auvents et portiques, surélévation des rez-de-chaussée
habités, économie constructive. Les outils de base sont la ligne
droite et l'alignement sur rue, « parce qu'ils fabriquent
partout dans le monde des villes consistantes ». (...)
Légende de la mosaïque :
1, 2, 9. École d'ingénieurs UTBM,
Montbéliard, 2011.
3. Hôtel de police, Troyes, 2011.
4, 5, 11. Collège Edgar-Varèse, Paris
19e, 2005.
6. Centre d'hébergement et de
réinsertion sociale, Paris 13e, 1996.
7. Numerica, Montbéliard, 2008.
8. Lycée professionnel horticole,
Blois, 1992.
10, 13. École et centre de loisirs
Petit Gibus, Guyancourt, 2003.
12. Lycée Ledoux, Les
Pavillons-sous-Bois, 2012.