17 x 23 cm, 236 p., 24 euros
C’est l’histoire mouvementée d’un teenager anglais qui remporte 16 millions de livres sterling lors de la course de chevaux de la Royal Ascot. En rentrant chez lui, il retrouve sa mère dans le coma et son père semble avoir disparu. Un scénario rodé, au rythme soutenu dont certaines pages rappellent le réalisme brut des films de Ken Loach ou certains road-movies. Étonnantes références car, en vérité, cette bande dessinée est uniquement constituée de vues en plans. Vus du dessus et sans aucun effet de perspective, les personnages sont de simples disques colorés. L’abstraction géométrique absolue est habilement évitée par une différenciation entre les couleurs, chaque personnage ayant la sienne. Les lieux et objets dessinés sont plus descriptifs et reprennent tous les codes de représentation de l’architecture et du plan. Certaines situations sont parfois résumées par de simples assemblages de pictogrammes. Ce langage dessiné minimaliste sert toutefois une histoire riche en péripéties, toutes racontées avec un esprit de synthèse graphique époustouflant. Récompensé par le Fauve d’or du festival de la bande dessinée d’Angoulême 2023 et par de nombreuses autres distinctions françaises, suisses et allemandes, le premier roman graphique de Martin Panchaud se distingue par son élégante essentialisation du dessin au service du récit.
La couleur des choses, Martin Panchaud, Éditions çà et là