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À l’image des Venturi, qui nous ont montré comment apprendre de Las Vegas, Pierre Frey nous invite à tirer un enseignement de l’architecture vernaculaire. Dans Learning from Vernacular, le professeur en charge des Archives de la construction moderne (ACM) à l’École polytechnique fédérale de Lausanne propose de repenser la conception et la construction pour « bâtir dans une autre langue que celle de la modernité industrielle ». Dans une époque marquée par les crises financière et écologique, Pierre Frey imagine, pour sortir de l’impasse, des alternatives s’inspirant de l’architecture vernaculaire.

En considérant le bâtiment comme un produit destiné à l’autoconsommation et non au marché (à l’inverse d’une marchandise, ce que les constructions semblent parfois devenir aujourd’hui), l’architecture vernaculaire permet de ne plus séparer l’idée du bâtiment et son édification. Elle privilégie le chantier et les savoir-faire. Pour l’auteur, la construction ne doit plus être la prérogative d’une caste de spécialistes. Patrick Bouchain, dans la préface de l’ouvrage, milite pour que les chantiers redeviennent « vernaculaires » pour « faire renaître l’ouvrier constructeur ». « La nouvelle architecture vernaculaire » qu’imagine Pierre Frey doit s’inspirer des exemples qui illustrent largement son texte et montrent la richesse des ACM. Les maquettes de cette collection avaient déjà fait l’objet de l’exposition « Learning from Vernacular » présentée de juin à août 2009 à Rossinière, en Suisse, et dont Pierre Frey était le commissaire (brève dans d’a-Guide n° 192).


Frey Pierre, Learning from vernacular. Pour une nouvelle architecture vernaculaire, Éditions Actes Sud, 2010, 76 p., 36 euros.