Je sors du métro Place-des-Fêtes,
là où les hauts immeubles de la banlieue ont réussi à franchir la ligne Maginot
du périphérique pour entrer dans Paris. Je descends la rue Pixerécourt et je
sonne à la porte d’un banal immeuble d’habitation. C’est bien là, au premier
étage, que l’agence CAB s’est installée, loin de Nice et de ses voies du centre-ville
agrémentées de jardins privés, suaves et voluptueux…
D’a : Vous étiez depuis 2001 implantés
à Nice, où vous avez développé des stratégies originales adaptées à la
topographie difficile de son arrière-pays. Pourquoi avez-vous quitté la mer et
la montagne pour vous installer dans les mornes plaines d’Île-de-France ?
Bita Azimi : C’est une décision que nous avons dû prendre peu de temps après avoir été lauréat du concours pour le campus de l’ENSAE (l’École nationale de la statistique et de l’administration économique) à Saclay. Ce nouveau projet, par son ampleur et sa complexité, était sans commune mesure avec nos travaux précédents. Nous avons commencé le dossier d’appel d’offres à Nice mais, comme nous avions toujours suivi méticuleusement la fabrication de nos projets – une des caractéristiques de notre agence –, nous avons préféré nous en rapprocher au moment du chantier. Nous avions auparavant presque toujours coffré du béton et nous abordions pour la première fois un (...)