Quelque temps avant la conception de l’École nationale supérieure de photographie d’Arles, j’avais rencontré Marc Barani pour évoquer sa relation à la photographie. Une relation qui a pris une dimension particulière il y a quarante ans avec sa collaboration avec le grand photographe Jacques Henri Lartigue. Son travail d’architecte le porte évidemment depuis à s’interroger sur les rapports croisés qu’entretiennent ces deux arts à l’espace et au temps, mais aussi très concrètement sur les questions de la représentation de l’une par l’autre.
Emmanuel Caille : Peu de gens savent que tu as hésité entre une carrière de photographe et celle d’architecte. Cette hésitation tient à ta rencontre avec une des figures majeures de la photographie du XXe siècle. Pourrais-tu nous en raconter les circonstances ?
Marc Barani : J’ai croisé Jacques Henri Lartigue par des amis communs, c’était à la fin des années 1970 ; j’avais commencé mes études d’architecture à l’école de Marseille. Comme beaucoup de jeunes de ma génération, je faisais de la photographie en amateur en développant et en tirant dans la cave.
J’ai d’abord découvert l’homme. (...) (...)