Avec Pierre de Meuron, Jacques Herzog a su mettre au point un laboratoire d’architecture capable de concevoir une architecture qui reste aussi inventive que rigoureusement maîtrisée aux quatre coins du globe. Avec OMA et le Renzo Piano Building Workshop, les deux Bâlois et leur agence sont peut-être les seuls à avoir atteint cette taille sans se répéter ou avoir dilué leur talent. Nous inaugurons ce mois-ci une série de grands entretiens que nous avons a confiés à Richard Scoffier, qui est allé cet été à Bâle engager un dialogue avec Jacques Herzog.
Propos recueillis par Richard Scoffier, le 5 août 2017
D’a : Stades de Bâle, de Munich, de Bordeaux et bientôt de Chelsea, vous êtes pratiquement les seuls architectes/auteurs à être parvenus à vous imposer sur ce type de commande. La grande salle de l’Elbphilharmonie et l’atrium de la Tate Modern semblent entretenir des parentés avec ces grands lieux de rassemblement où une communauté prend conscience d’elle-même, comme si l’architecture était toujours une réflexion sur l’être ensemble.
Jacques Herzog : Cet aspect de « l’expérience collective » est sans doute important. Mais la première tâche de l’architecte qui fait un stade, une salle de concert ou un musée, c’est de permettre d’assister à un match, d’écouter un concert ou de voir une exposition dans les meilleures conditions possible. Il doit tout faire pour que le public puisse parfaitement saisir ce qui se passe sur un terrain ou sur une scène. Mais comment ? Comment faire des architectures qui amplifient les moments de perception des spectateurs/visiteurs ? (...) (...)